13/06 au 25/06/19 – A l’arrêt…

Reprise de la route en milieu de matinée, le timing est parfait pour retrouver les Chats Perchés à l’heure du déjeuner dans les environs de Mandi. Toujours des singes sur les bas-côtés,  se gavant d’écorces de pastèques ou de mangues jetées par les automobilistes, mais l’excellent bitume de la veille a fait place à une bande plus étroite et un peu plus abîmée, bref, davantage ce à quoi on s’attendait. Les croisements se corsent et la conduite devient sportive, alors qu’on est toujours globalement en ascension.

C’est au détour d’un  des nombreux petits villages traversés, que nous aurons notre premier accrochage… Un beau crac ! Et m… ! Rien pour Arty, en revanche, le petit van, qui ne nous a pas vraiment laissé la priorité alors qu’on était en descente, s’est pris le coin de notre coffre et est un peu plus abîmé Le conducteur sort, furieux, et  bien sûr s’adresse à moi en premier (en hindi bien sûr), qui suis (pour eux) du bon côté de la route. C’est parti pour les discussions. On vient à peine d’arriver dans le pays, sans trop être au courant des usages en la matière, on fait donc notre mea culpa pour calmer les esprits et partir tranquilles …C’est donc lestés de quelques dollars qu’on repart, un peu sonnés. Rien que du matériel, certes, mais ce n’est jamais très agréable.

La route se poursuit sans encombre jusqu’à Mandi, où la circulation est bien dense, variée (camions, mobylettes, tuk tuk,…) et bien sûr, très  « klaxonnante ». Nous cherchons un endroit sympa pour attendre les Chats Perchés. Peine perdue, avec la rivière d’un côté et les routes montant directement vers les villages de l’autre, on se résoudra à les attendre sur une partie en chantier, en bordure de route. Pas très bucolique, mais facile à trouver, et quelques minutes plus tard, le camping-car de Julien, Amandine, Pablo et Gaël, nous rejoint. Super contents de faire enfin leur connaissance, 2 mois après nos premiers contacts sur le dossier « visas pakistanais », et les enfants sont bien sûr ravis d’avoir des petits compagnons de jeux parlant la même langue !  On partagera un petit repas, avant de reprendre la route en convoi de 3 voitures : Silvia et Davide, italiens venus d’Australie et eux aussi en route vers l’Europe, nous ont rejoints. Nous sommes tous arrivés par une route différente, mais après seulement quelques heures de trajet, tout le monde est un peu échaudé et fatigué : la conduite sur les routes du Nord de l’Inde, ça marque !

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Cap sur Manali, à 80 kms de là. La haute saison touche à sa fin, et on s’attendait bien sûr à une route difficile, mais pas à un bouchon interminable, accentué par le comportement stupide de ceux qui s’obstinent à vouloir dépasser, alors qu’il y a juste la place pour le croisement de 2 véhicules ! On en ressortira avec…nos 3 rétroviseurs droits bien endommagés par un chauffeur routier qui ne prendra même pas la peine de s’arrêter, et pourra partir sans être inquiété, malgré la présence de la police dont le seul souci sera qu’on ne bloque pas la circulation! Décidément, mauvais karma !

Pas moins de 5 heures et seulement une trentaine de kms parcourus, tous rincés, nous renonçons à pousser plus loin. Arrêt donc à Larji pour un bivouac improvisé avec  nos nouveaux compagnons de route. Nous y trouverons un coin sympa et calme, suffisamment grand pour tous nous garer, parfait pour nous remettre de toutes ces émotions , et pour partager un bon repas et quelques verres !

***

La circulation jusqu’à Manali le lendemain sera beaucoup moins chargée, et notre convoi se morcellera un peu ; Silvia et Davide, plus petits et puissants avec leur pick-up, peuvent se faire plaisir et prennent un peu le large. Après une longue traversée de Kullu, entre les bouchons, les ponts à une voie, les croisements serrés, et les branches d’arbres basses, un claquement se fait entendre à l’arrière de la cabine. On pense à une branche tombée de la galerie, petit arrêt pour vérifier quand même : l’un des amortisseurs de la cabine vient de céder, rien que ça ! La série noire semble continuer… Plus le temps de  chercher un endroit pour déjeuner, nous prenons les devants pendant que les Chats Perchés qui ne peuvent pas faire grand-chose pour nous aider, cherchent un spot pour se poser.

Vu le nombre de camions qu’on croise, on a bon espoir de trouver un garage correct à Manali qui n’est qu’à 15 kms. Chou blanc : à part un garage de bus Volvo quasiment vide, rien dans la ville et ses ruelles étroites, et malgré les vagues indications données par certains, rien à la sortie de la ville non plus. Une deuxième vérification en route ne nous rassure pas : avec le déséquilibre (d’autant que les nids-de-poule n’ont pas manqué), l’arrivée d’air et on support ont pris un coup, et se sont déformés…Aïe aïe, aïe, il ne va VRAIMENT pas falloir traîner pour s’arrêter.  On roule tout doucement en croisant les doigts pour que rein d’autre ne s’abîme. Plus on avance, et moins il semble y avoir de possibilités de se garer sur le bord de cette route, toujours coincée entre la rivière Beas et les rues en pente des villages environnants. Ouf, nous finissons par trouver une petite aire à plat, 8 kms plus loin, à Bahang, devant une bicoque de location de combinaisons et autres vêtements de ski, identique aux dizaines d’autres installées au long de la route. Le vendeur,  d’abord réticent, finit par comprendre qu’on ne peut vraiment pas aller plus loin, et accepte qu’on s’y fasse une place aussi petite que possible. Enfin posés !

Bon, on encaisse, mais il fait encore jour, autant ne pas attendre pour inspecter tout ça plus en détails. C’est donc sous le regard du flot incessant de touristes (indiens) de retour du Rhotang Pass, et venant restituer leurs combinaisons et bottes de ski, que nous déchargerons la galerie et basculerons la cabine. Evidemment, nous ne laissons pas indifférents, et faisons l’expérience assez exaspérante de gens n’hésitant pas à nous bombarder de questions et demander des selfies pendant que la roue de secours est suspendue au palan, ou que je peine à soulever les  cantines.  Bref, fin prêts pour l’inspection, mais la nuit est tombée, ça attendra le lendemain. Sacrée journée !

***

On a vu mieux pour un passage à la quarantaine ! Loïc passera la journée les mains dans le cambouis, à essayer de démonter les amortisseurs, repartir au garage Volvo (qui confirme son inutilité), envoyer des SOS sur les réseaux sociaux, rechercher des références de pièces, pendant que je gère les enfants, l’école et la popote. Grâce à la moto prêtée par le vendeur (qui a compris que c’était une BIG breakdown et qu’on allait squatter l’emplacement plus que les 2-3  jours annoncés), on pourra avoir un bon repas, mais on devra se contenter de cakes industriels, de jus de fruits (le vin étant hors de prix), et d’allumettes en guise de bougies pour la birthday party !

***

C’est parti pour durer quelques jours, nous prenons donc nos repères, entre le parking et la rivière en contrebas qui devient notre coin jeux d’eau/ricochets/vaisselle/lessive. A force, nous faisons presque partie du paysage, sympathisons avec les saisonniers (stands de tyrolienne , rafting, parapente, apiculteurs,…) qui viennent prendre des nouvelles , et avec nos voisines, les « mamies des momos » qui tiennent un petite échoppe,  et nous inviterons dans leur famille. Petite première expérience très sympa!

Malgré le ballet incessant des voitures pleines de touristes allant goûter aux plaisirs de la neige en été, auxquels s’ajoutent les nombreux motards (indiens et étrangers) faisant route vers le mythique Ladakh à 450 kms, on ne sera pas trop embêtés ni gênés par le bruit. Et le temps est top : finalement, on n’est pas si mal que ça pour un arrêt forcé !

L’emplacement serait aussi parfait pour que Nilesh, le street artist, puisse venir faire parler sa créativité sur Arty. Mais, après quelques jours sans nouvelles, on apprend qu’il est rentré de Spity Valley directement sur Mumbai, sans repasser par Manali. Grosse déception, c’est quand même l’une des principales raisons qui nous ont conduits ici ! Bref…

C’est l’occasion de ressortir la moto, qui nous aidera bien pour aller faire quelques courses et rejoindre pour une soirée nos amis voyageurs qui ont trouvé un spot très sympa quelques kilomètres plus loin. Tout ça, avant de rendre malheureusement l’âme lors d’une expédition de Loïc à Mandi pour tenter de trouver des options de réparations.

Justement, quid du côté mécanique ? Pas de miracle : on sait qu’on ne trouvera sans doute aucun garage dans les environs, ni de pièces de rechange, y compris en Europe. Il ne nous reste donc plus qu’à faire une réparation temporaire par soudure pour pouvoir reprendre la route et rejoindre Ner Chowk, voire Chandigarh (qui est quand même à plus de 200 kms), pour faire du travail plus propre et qui sait, avoir plus de choix.

C’est parti : démontage, remontage, soudure moyenne n°1, puis n°2, remontage, fabrication d’un amortisseur de secours « maison », chargement de nos cantines à l’arrière à la place de la moto pour alléger au maximum la cabine,.. Après plus de 10 jours d’arrêt, nous voilà prêts à reprendre la route !

Avant cela, on essaie de profiter un peu de cette jolie région : belle balade à la cascade sacrée de Jogoli et au charmant (et très touristique) village de Vashist, sortie avec les vélos des enfants vers le Old Manali, et petite session de tyrolienne.

Les Chats Perchés et les italiens auront eu, entre deux, le temps de repasser nous dire au revoir, avant de reprendre leur route vers le Pakistan. On en profitera pour confier à Davide la procuration pour récupérer notre drone à la frontière. Déçus de ne pas avoir pu passer plus de temps avec eux, mais notre karma en aura décidé autrement !

Cap sur : le col de Rhotang, 50 kms plus loin, où se rendent pour la journée les hordes de touristes qu’on voit passer.  Je ne suis pas chaude du tout compte-tenu de la qualité de nos soudures, censées être temporaires. Mais à défaut du Ladakh, Loïc pousserait bien jusque-là bas, histoire de voir les tonnes de neige sur ce col à 3800 m, ouvert 4 mois dans l’année.

Allez, why not? Fingers crossed, et allons-y (presque) gaiement !

3 réflexions sur “13/06 au 25/06/19 – A l’arrêt…

  1. Ping : 09/06 au 12/06/19 –  Eté indien – Les Pourquoi Pas

  2. Ping : 30/07 au 02/08/19 –  De Lumbini à Pokhara : vert au pluriel – Les Pourquoi Pas

  3. Ping : 09/07 au 14/07/19 –  Rajasthani vibe – Les Pourquoi Pas

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