05/01 au 16/01/20 – Visas or not visas? (bis)

Nos derniers jours au Laos seront marqués par l’enchaînement des bornes kilométriques rouges et blanches si semblables à celles de la France, à travers des paysages toujours très vallonnés de la province de l’Oudom Xay, avant la ville frontière de Muang Ngeun testée avec succès par la Smala quelques jours plus tôt. Une bien bonne nouvelle, car cela nous évite de redescendre jusqu’à Vientiane, voire Takhek.

Nous passerons à une centaine de kilomètres à peine de Boten, ville frontière avec la Chine, par laquelle nous passerons SI finalement nous obtenons nos visas et revenons au Laos.

Tout en avançant, on réfléchit à notre stratégie pour la demande de visas qu’on prévoit de faire à Bangkok. Évidemment, sans le camion, donc pas tous ensemble ; ce qui veut dire à nouveau un aller-retour en bus pour Loïc depuis une ville plutôt au Nord de la Thaïlande…

Sans doute Nan, où il faudra trouver un endroit où les enfants et moi pourrons rester pendant la mission visas. Comme un petit air de ce que nous avons vécu à Ao Tan Kuh qui s’annonce…à moins que…Un dernier tour sur les mêmes pages internet visitées et revisitées , laisse entrevoir une nouveauté : un centre de demande de visas chinois vient d’ouvrir à…Chiang Mai! Une bien meilleure option que Bangkok, et justement au Nord de la Thaïlande…Ça se tente!

Après un dernier bivouac très sympa au bord d’une rivière où nous recroiserons à nouveau les Gali qui nous suivent avec un ou deux jours de décalage, nous passons au large de Pakbeng, jolie ville nichée entre les montagnes et le Mékong, où nous aurions volontiers fait un arrêt . Mais nos visas laotiens expirent dans deux jours, et notre esprit est déjà presque de l’autre côté de la frontière. On ne peut que croiser les doigts en espérant repasser dans le coin dans quelques semaines, avec nos visas chinois en poche!

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Comme prévu, ce passage de frontière pour une deuxième entrée en Thaïlande se fera sans soucis, tant pour les visas que pour le camion.

On dépense nos derniers kip, et hop c’est parti sur des routes toujours méandreuses, en conduisant à gauche, sous un soleil toujours étincelant. Retrouvant les “Sawat Di Khaaa!”, on roule dans cette région agricole et très peu habitée, passant devant de petits étals débordant de clémentines locales, et plus surprenant, devant des exploitations de fraises!

Petite pause culturelle improvisée à la Nan Art Galery pour se détendre devant les oeuvres d’artistes locaux dans un cadre agréablement aménagé à l’ombre de grands eucalyptus.

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Après un nuit près de Nan, on poursuit notre route en direction de Chiang Mai, l’urbanisation gagne du terrain, le soleil se voile derrière un film de microparticules et les sinus commencent à picoter, des signes qui ne trompent pas sur le niveau de pollution!

On ne sait pas trop à quoi s’attendre, et on appréhende un peu les galères de parking en milieu urbain. Mais, bonne surprise, le centre des visas est excentré par rapport à la ville, près d’une zone commerciale adjacente à un petit terrain vague parfait, où personne ne viendra nous déranger pendant les deux jours que nous y resterons!

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Allez, c’est parti, jusqu’au bout du suspense, et le noeud à l’estomac, comme à chaque fois qu’on s’attelle à des démarches un peu délicates.

Peut-on faire une demande en tant que non résidents? Yes, première bonne nouvelle! C’est reparti pour un tour, comme au Cambodge, qui ressemble finalement, avec le recul, à une répétition : réservations d’avion fictives, documents d’itinéraire fournis par l’agence, toujours d’une grande aide, remplissage minutieux des 5 formulaires, impressions et photocopies à gogo. Notre plus grande crainte : après ce qu’on a vécu, et connaissant leur méfiance : qu’ils tiltent sur nos passeports, certes maintenant exempts des rédhibitoires tampons turcs et visas pakistanais, mais pouvant paraître un peu trop neufs. On a beau rien n’avoir à se reprocher, ce n’est jamais très confortable de devoir omettre certaines données dans ses déclarations …

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Bref, nous voilà prêts, en essayant de ne surtout pas transmettre la tension sous-jacente aux enfants. Pour la première fois, c’est tous ensemble qu’on se rend 50 m plus loin, dans le petit bâtiment abritant le centre, bien loin du grand hall et de la queue interminable de celui de Bangkok.

Un garde plutôt souriant, puis le guichet d’accueil où nous avons droit à une première inspection de nos dossiers. Aïe, ça coince…sur les photos : on n’en a qu’une par formulaire, il en faut une de plus. Les boulets (ce n’est pas comme si on n’en avait plein dans le camion)! On simule un retour à notre “hôtel”(car évidemment dans le cadre de la demande, nous ne sommes pas censés voyager avec notre propre véhicule), qui sera en fait une heure de stress en plus passée dans le camion.

Puis, rebelote. Cette fois les dossiers sont complets, on nous attribue un numéro. Tic tac tic tac…A nous. La jeune femme au guichet respire l’efficacité et l’intransigeance à laquelle on s’attend. Inspection plus poussée des dossiers, dates entourées au stabilo, son expression concentrée reste indéchiffrable. Petit coup de stress supplémentaire, on doit re-remplir rapidement l’un des formulaires à cause d’une photo décollée.

On s’attend à tout moment à ce qu’elle nous pose une question fatidique sur nos passports tout neufs…Eh bien non, aucune, les récépissés indiquant une date de retrait 5 jours plus tard, sortent de la petite imprimante…Ça semble être passé, à un détail près, et pas des moindres : entretien dans 3 jours, le lundi suivant, au Consulat! Pas le moment ni la présence d’esprit de poser plus de questions, et on ne voudrait pas éveiller les soupçons en ayant l’air inquiet. Procédure habituelle ou dossier suspicieux? On ne sait pas trop, la torture de l’attente va donc continuer. Mais restons positifs, le fait qu’ils aient accepté les dossiers est plutôt un bon signe.

Allez, délestés de quelques 300 euros supplémentaires (qu’on ne récupéréra bien sûr pas en cas de refus) et nos précieux récépissés en poche, on quitte les lieux. Pfiou, grosse étape de passée, on n’y croyait pas, et il nous est encore permis d’espérer.

En attendant, c’est le week-end qui commence, il va falloir se changer les idées!

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Cap sur les hauteurs de la ville et le Parc National de Doi Suthep-Pui, poussant le plus loin possible sur cette route de montagne. Mais la chaussée devient trop étroite pour notre gabarit, demi-tour obligatoire. On doit aussi renoncer à finalement passer la nuit dans le coin, la route de montagne ne laissant que peu de possibilités d’arrêts, et le seul camping que nous trouvons, bien que charmant, est trop cher! Bon, un grand tour pour rien donc, il est trop tard pour visiter les sites qui ont fermé, on redescend vers la ville, prenant au passage deux auto-stoppeuses finlandaises, pour finalement atterrir sur le Campus universitaire où les gardes auront la gentillessse de nous laisser nous garer sur un petit parking ombragé un peu à l’écart.

C’est là que nous passerons une petite journée de transition, avant de retenter la visite des sites du parc national. Prenant soin cette fois de nous garer au bon endroit, nous irons déambuler dans les beaux et grands jardins fleuris et au milieu des demeures vides du Bhubing Palace, résidence d’hiver de la famille royale.

Taxi ensuite jusqu’au village Hmong de Doi Pui, histoire de…Car on sait bien que cette attraction touristique n’aura pas l’authenticité de ce que nous avons vu au Laos. Confirmé, peu d’habitants, beaucoup de visiteurs, d’étals de souvenirs et autres objets artisanaux…

On termine par la visite du Doi Suthep, l’un des lieux bouddhistes les plus sacrés en Thaïlande, où nous arrivons au moment de la prière. La fin de la visite sera un peu perturbée par Ntyalé qui nous fera une petite fugue et une belle frayeur de trente minutes, et qu’on retrouvera en bas en compagnie de visiteurs qui nous la rendront en pleine forme et pas inquiète du tout!

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Enfin, le jour de l’examen de passage arrive. Proches cette fois du sud-ouest des remparts de la ville où se trouve le Consulat de Chine, nous irons faire un petit repérage de la grande bâtisse austère entourée d’un haut mur blanc, face au canal.

L’heure fatidique approche, on finit de repasser nos arguments et notre histoire toute prête. Avec quelques centimètres de sa barbe de baroudeur sacrifiée, Loïc sera notre ambassadeur, nous laissant patienter pendant une petite heure dans le parc de Buak Hard, qui semble être le seul petit poumon vert de la ville.

Il revient, plutôt détendu, moins d’une heure tard..Ouf, c’était bien une étape classique dans le cadre du processus pour les visas touristiques. Quelques questions plutôt anodines directement au guichet, bien loin de l’interrogatoire qu’on avait imaginé : une salle aux murs blancs sous la lumière blafarde des néons, devant deux fonctionnaires à la mine renfrognée! Il n’est pas encore temps de sauter de joie, mais c’est plutôt très bon signe. Alea jacta est!

On compte les heures qui nous séparent du retrait de nos passeports, tout en en profitant pour visiter le Wat Chedi Luang et déambuler dans les rues de la ville que nous avions déjà arpentées 7 ans plus tôt.

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BANZAIII‼ ON-A-NOS-VISAS-CHINOIS‼!

Les précieux sésames, après lesquels nous courons depuis trois mois sont maintenant irréversiblement collés sur nos passeports, on en pleurerait presque de joie et de soulagement! Enfin l’horizon s’éclaircit. Enfin, on peut se projeter sur la route qu’on avait initialement prévue et oublier les devis de shipping depuis la Malaisie.

A nous la Chine hivernale, puis les steppes mongoles sous la neige (pas trop quand même si possible), les grands espaces russes, et inchallah, les pays baltes avant la Pologne et l’Allemagne au printemps, puis le retour en France pour début juin!

On ne traîne pas pour annoncer la super nouvelle aux proches et aux amis qui suivent nos petites aventures.

Et bien sûr, on marque le coup (fêtant aussi, au passage, l’apparente éradication de l’agaçante fourmilière que l’on trimballe depuis la Thaïlande!) par une petite “folie” : un super apéro saucisson-fromage-baguette achetés à prix d’or!

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Toujours sur notre petit nuage, on se met d’accord avec l’agence pour une entrée en Chine mi-février, quelques jours après la période du Nouvel An Chinois, pour la classique traversée de 30 jours de Bo han (frontière laotienne) à Erhenot (frontière mongole). Enfin, pas si classique, puisque nous la ferons seuls, et en plein hiver. Un petit défi, assez coûteux, mais on s’en sort bien au niveau de la négo. Et, après six mois de chaud (voire très chaud), on a presque hâte de remettre en route notre chauffage et ressortir les vestes chaudes!

Bon, voilà qui nous laisse un peu plus d’un mois devant nous…Trop long pour ne rester que dans le Nord de la Thaïlande qu’on a déjà pas mal visité, ou pour déjà reprendre la route vers le Laos. Alors, que faire en attendant?

Pas la peine de trop se presser, on prend le temps d’un petit tour à l’hopital pour une petite réparation de la résine dentaire d’Edrian, avant d’aller nous rafraîchir à la jolie cascade de Bua Tong à 60 km au Nord de la ville, et de passer un très bon moment avec Taras, le motard ukrainien (et un de ses amis) qui avait été notre compagnon de convoi sous escorte dans le Balouchistan pakistanais!

Entre temps, notre petite réflexion a fait son chemin. Et pourquoi pas…un petit tour au Vietnam?

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