26/06 au 01/07/19 –  C’est reparti…ou presque

On se mettra finalement en route vers 10h, deux heures plus tard que prévu. Grave erreur… Si  c’est plutôt « soft » sur les premiers kilomètres (quelques croisements serrés, on se fait gentiment dépasser  par  les motos et voitures de tourisme, et bien sûr quelques beaux nids de poule sont au rendez-vous), un premier gros bouchon se forme 2 kms avant Galadu. Rien de méchant : il s’agit du check point où nous devrons nous acquitter d’une petite taxe routière.

C’est après que ça se corse, au milieu des sapins et alors qu’on voit apparaître les premiers sommets enneigés : on attend de longues minutes  sans trop savoir ce qui se passe, ça avance très lentement ; sur la file d’en face, c’est une alternance entre flots de véhicules et rien du tout. Heureusement, l’ambiance est plutôt bon enfant, on entend  à peine plus de klaxons que d’habitude, et peu essaient de dépasser n’importe comment. Les gens sortent des voitures pour patienter et se dégourdir les jambes, où se rafraîchir avec l’eau fondant directement des grosses plaques de neige sur le bord de la route. Même si nous sommes loin d’être les seuls à bord d’un camion, le gabarit et la dégaine d’Arty ne passe pas inaperçus, et on ne coupera pas au récit (x fois) de notre parcours « from France by road », et bien sûr aux selfies dont les indiens raffolent (un peu trop à notre goût).

Je finis par passer à l’arrière avec les enfants pour la pause déjeuner…et nous y resterons finalement pour le reste de la journée, et du trajet. Pas plus mal : à travers la fenêtre, ce que j’entrevois de la route, des croisements d’autres camions au centimètre, du frôlement des parois rocheuses,  et de  la file interminable de véhicules sur les lacets qu’on voit au loin, me suffit ! Loïc sera donc bien au calme pour gérer cette longue attente et cette route compliquée, à l’abri de mon stress et du bruit des enfants.

Bilan : 10 heures, 28 kilomètres, amortisseurs toujours en place et  les félicitations du public indien au driver (malgré un nouvel accrochage en toute fin de parcours, à la défaveur d’un nid de poule ayant fait pencher Arty) !  La nuit est tombée, on décide de s’arrêter à 17 kms de notre destination, près d’une zone étape, pleine de restaurants qui se vident des touristes redescendant vers Manali. Hop, pas question de cuisiner, achats de chowmein (nouilles), dîner, et gros dodo avec 5°C dehors.

***

On a beau se lever à 06h le lendemain, beaucoup d’autres nous ont précédés avec les premières lueurs du soleil. Nous atteindrons enfin le Rhotang Pass, après deux bonnes heures sur une portion de route plus large et en assez bon état, si l’on exclut les traces éboulements, les parties affaissées ou endommagées par le gel/dégel. A l’approche du col, les fameux tas de neige hauts de près de 8 m par endroits, font leur apparition : on se sent tout petit à côté !

Ça y est, on arrive au bout, à 3800 m d’altitude…et c’est full ! Plein à craquer de monde, en combinaison de ski et bottes, foulant les versants enneigés. Certains marchent, d’autres font de la luge sur des bouées gonflables, pendant que d’autres prennent juste un bain de soleil en mangeant du maïs grillé ou du dahl bien épicé. Quasiment pas de parkings dignes de ce nom : la majorité des voitures est donc garée de part et d’autre de la route, qui n’est déjà pas bien large. On se fraie un chemin, tout en prudence, histoire de s’éloigner un peu et se garer sans gêner. Chose, faite quelques minutes plus tard.

Nous y passerons une journée assez tranquille : sculptures dans la neige durcie pour les enfants, échanges avec des motards occidentaux qui poursuivent leur route (donnée comme plus ou moins bonne) vers les superbes pics enneigés au loin : Leh, Ladhak, Cachemire, où se trouvent les routes les plus hautes du monde. Autant de noms qui nous font rêver, mais ce sera pour une autre fois : il nous faudrait y passer au moins un mois pour en profiter, et de toute façon notre monture est toujours un peu bancale : une des soudures vient à nouveau de céder ! Pas très rassurée de mon côté, mais la pièce bricolée par Loïc fait son effet  et il est assez confiant sur le retour…

Clap de fin, une fois la majorité des touristes partis, on se met en route pour rejoindre la ville étape, où nous comptons passer la nuit avant d’entamer la redescente le lendemain. Ah, bonne surprise : la vue imprenable sur la route en lacets nous permet de voir que le trafic est nettement moins dense que ce à quoi on s’attendait…Et pourquoi pas un retour de nuit ? Très bon choix : quasiment personne, très bonne visibilité avec notre super barre de LED, et si certains passages paraissent plus abîmés ou difficiles qu’à la lumière du jour, au moins, on peut les passer sans croisement douteux. Trois heures plus tard, nous voilà de retour sur « notre » emplacement à Bahang, on se croirait presque de retour à la maison !

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Journée entre un nouveau passage chez le soudeur, un petit tour dans le Old Manali pour Loïc et une dernière visite aux soeurs aux yeux clairs, Weena et sa sœur Kiran, les mamies des momos. Le passage par Rhotang nous a aussi permis de récupérer le contact de Graham, anglais installé depuis longtemps dans le coin (comme beaucoup d’étrangers tombés amoureux de la région), et qui apparemment a un atelier digne de ce nom. Cap donc en fin de journée sur le petit village de Gojra, sur les hauteurs de Manali.

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On retrouve Graham le lendemain devant son workshop, en bordure de route. En effet, très propre, ordonné,  un assistant originaire du village, du bon matériel : certes, le taux horaire n’est pas le même que celui des petits ateliers précédents, mais la qualité du travail devrait s’en ressentir !

C’est donc parti pour deux jours de boulot, interrompus par le repos dominical, et deux nuits sur un terrain vague qui sera parfait : reprise des soudures, redressement et réparation de l’arrivée d’air, démontage et redressement de la portière passager abîmée lors de l’arrachage des rétros, …Le contact passe bien avec Loïc qui en profitera pour faire 2-3 autres réparations. Pas grand’chose à faire dans le coin en attendant, mais j’arrive à occuper les enfants, entre l’école, un dessin animé, et l’observation de la vache des voisins ou d’une fourmilière. Et pour le reste, leur imagination fait le travail, et leurs interminables jeux de rôle meublent l’attente.

Enfin, le rideau du workshop tombe, on passe faire le plein d’eau de source bien fraîche, avant de se mettre en route, plus confiants, vers Ner Chowk, où nous attend la moto, puis Chandigarh où nous aurons peut-être plus de choix pour les pièces de rechange.

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