09/06 au 12/06/19 – Eté indien

Place aux gradins beige (beaucoup plus nombreux) et aux soldats indiens en tenue kaki.

Première vérification de nos documents par un officier sikh, puis nous sommes orientés vers le point de contrôle des passeports et des véhicules, 2 kms plus loin. Après quelques passages de portiques, et un petit formulaire à remplir, nous allons patienter sous les ventilateurs d’un grand hall, pendant que Loïc disparaît en compagnie des douaniers pour l’inspection du camion. Ce qui nous laisse le temps d’observer la trentaine de visiteurs pakistanais (surtout des familles) qui a traversé en même temps que nous, et qui s’agite autour du comptoir pour remplir les formalités.

On nous avait prévenus que la douane indienne était plus tatillonne, mais l’attente est malgré tout  un peu longue. Loïc réapparaît finalement en grande discussion avec les officiers. Pas de doute, quelque chose coince, et je pense bien évidemment à la moto qui n’a pas de carnet. Eh bien non, grosse surprise, c’est le drone qui pose problème ! On s’était focalisé sur le téléphone satellite, mais aucune alerte concernant ce type d’objet volant, qu’on a naïvement déclaré sur l’un des formulaires. « Restricted good » disent-ils. Traduction : il faut une autorisation préalable de l’autorité de l’Aviation Civile (dont ils n’ont pas l’adresse) pour pouvoir l’importer en Inde. Mais bien sûr…

On a beau expliquer que c’est un drone récréatif, pas sophistiqué, et en plus qu’il ne fonctionne plus (eh oui, plus de vidéos fun depuis une chute de 2 mètres à Derawar Fort au Pakistan), rien n’y fait. On assiste donc, impuissants, au scellement de la boîte qui sera remisée sur l’une des étagères de leur bureau.

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Tout n’est pas perdu, quand même, et nous avons 2 options pour le récupérer : soit repasser par ce même poste frontière pour quitter l’Inde, ce qui n’est évidemment pas dans nos plans ; soit donner une procuration à un(e) voyageur(se) allant au Pakistan , ce qui devrait être plus jouable. A suivre…

Bon, cette entrée en matière en Inde nous a peu refroidis, mais ce n’est pas la peine de rester faire le pied de grue, d’autant qu’on risque de louper la fameuse cérémonie de fermeture de la Wagah border qui démarre à 18h !

On récupère donc Arty, avant de revenir en arrière pour nous garer en vitesse sur un énorme parking plein de cars et de voitures, et de filer l’entrée. La musique et la voix de « l’animateur » se font déjà entendre dans les haut-parleurs, alors qu’on accélère le pas pour fendre la foule qui vient  en sens inverse. Si le soleil couchant (mais toujours brûlant) ne s’est pas arrêté à la frontière, en revanche le changement culturel est bien là : finis les hijabs et voiles, après les policières aux portiques d’entrée, c’est un festival de couleurs, de turbans, de saris laissant apparaître toutes sortes de ventres, de chevelures magnifiques, mais aussi de tenues plus occidentales, jeans, t-shirt, …Avec tout ce mode et la musique en fond, on se croirait dans les allées d’un parc d’attraction !

Vite, on gravit quelques marches avant de se poser où on peut. Une vraie ambiance de stade, les gradins sont toujours quasiment pleins, les cris de la foule répondent aux appels du « chauffeur de tribunes ». Le côté pakistanais n’est pas en reste,  les soldats paradent et se répondent de part et d’autre à coups de jambes levées et de saluts raides.  Moins de 15 minutes plus tard, les drapeaux sont baissés : le spectacle est déjà fini et les gradins se vident à vitesse grand V. Ce fut court, mais ça valait le détour, pas tant pour les soldats et leur casque coiffé de plumes, que pour le folklore de cette énorme foule rassemblée de part et d’autre pour hurler son patriotisme devant une parade militaire.

On traîne un peu pour finir d’immortaliser ces moments, mais, poussés vers la sortie à l’indienne (c’est-à-dire en criant) par le personnel, on finit par se joindre à la foule qui quitte l’enceinte. Pas la peine de se presser pour se retrouver dans les bouchons, on laisse passer le gros de la vague : bus, car de touristes et voitures défilent, sans manquer de nous jeter des regards curieux au passage.

Une bonne heure plus tard, c’est  notre tour. On suit les panneaux en direction d’Amritsar, à 40 kms, avant de tomber sur notre premier péage…sans une seule roupie indienne pour payer. Evidemment, pas question pour eux d’accepter les quelques roupies pakistanaises qui nous restent. Ça parlemente un peu, et finalement, ils nous laissent passer.

Bon, il est grand temps de trouver  notre premier bivouac indien : ce sera le Company Bagh, grand parc situé au nord de la ville. Après une manœuvre un peu délicate pour passer sous le porche d’entrée (avec une barre de protection des panneaux solaires endommagée au passage), nous nous garons un peu au hasard. Pas de gardien, mais un marchand ambulant et quelques promeneurs qui validerons notre emplacement pour la nuit !

***

Nous y passerons finalement trois jours, à l’abri des grands arbres du parc qui nous aideront à mieux supporter la fournaise d’Amritsar (on atteindra un record de 41°C en début de nuit dans le camion). Là où on s’attendait à des attroupements, ce ne seront finalement que quelques curieux qui viendront nous poser des questions et demanderont à visiter le camion. On en profitera pour prendre nos marques et gérer la logistique habituelle avec l’aide de « Lucky » : carte SIM, change de devises, passage chez le coiffeur (mais pas chez le barbier) pour Loïc, appoint d’eau,…

Entre deux balades à vélo dans le parc et une session d’école sur la pelouse, on sympathisera avec le marchand de sandwiches et le vendeur de citronnades aux épices faites avec l’eau du puits : spécial mais rafraîchissant (eh oui, maintenant que notre système digestif s’est acclimaté, on teste) !

Clou de cette petite halte au Punjab : la visite du splendide Golden Temple, haut lieu de pèlerinage et de la spiritualité pour les sikhs. Coiffés de nos petits foulards pris à l’entrée et pieds nus, nous pourrons l’admirer, posé au milieu du bassin sacré où se baignent quelques fidèles.

D’abord sous les lueurs du soleil couchant, puis magnifiquement éclairé après la tombée de la nuit, il resplendit. Malgré la foule,  l’ambiance y est très calme et agréable, aucune cohue, même aux endroits où des repas gratuits sont donnés aux visiteurs. C’est toujours un festival de couleurs, les hommes sikhs avec leurs turbans multicolores, leurs traits souvent fins et leur barbes parfaites ont une sacrée classe !

On profite du moment, avant de nous diriger vers la sortie et les rues piétonnes bordées de belles façades  et bien sûr, pleines de monde. Petit arrêt dans un restaurant  pour tester pour la première fois les plats typiques : dahl (lentilles), chiapatti (pain plat), et bien sûr lassi (le vrai !), plus proche du lait caillé que du smoothie auquel on s’attendait.

***

Entre temps, notre programme des prochains jours s’est précisé : direction Manali, ville de départ vers l’extrême Nord et le Ladakh, où nous avons rendez-vous avec Nilesh, artiste avec lequel on est en contact depuis l’Iran, avec les Chats Perchés qui reviennent du Népal, et avec… des températures bien plus clémentes !

La première partie du trajet qui nous emmène vers l’état de l’Himachal Pradesh est très agréable, peu chargée, ombragée, et nous aurons la chance d’apercevoir des macques pour la première fois ! Ça change des éternelles vaches sacrées, buffles, chèvres et moutons qu’on a l’habitude de voir le long des routes. Les montagnes vertes avec leurs rizières en pente font leur apparition, et nous trouverons même un bivouac off-road un peu inespéré, à 25 km de Mandi où nous devons retrouver les Chats Perchés qui arrivent par une autre route. Première nuit à moins de 30 °C depuis longtemps, ça sent bon l’air frais de l’altitude !

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5 réflexions sur “09/06 au 12/06/19 – Eté indien

  1. Ping : 03/06 au 09/06/19 – Calor en Lahore – Les Pourquoi Pas

  2. Fisch

    Coucou Mariam (et la famille), j’ai pris le train en route et je me régale de vos aventures… Pas évident l’entrée en Inde, et bon courage pour trouver le voyageur qui récupérera votre drone (je te fais signe si je passe dans le coin !). Profitez bien et à bientôt,
    Guillaume Fisch

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    1. Namasté Guillaume, contente de te lire! Entre temps, on a rencontré des voyageurs qui ont pu récupérer le drone à la frontière, et d’autres l’ont ramené à Paris et remis à la famille🙂 Merci quand même, à bientôt pour la suite!

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  3. cadiou

    belle expédition
    très belles photos , ravie pour le drone extra ,
    joyeux anniversaire à Maélia ce jour, bonne route vers le Népal sommes avec vous en lecture et photos grâce à vous nous visitons merci bisous à tous,
    BONNE ROUTE

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  4. Ping : 22/11 au 29/11/19 – De Kratie à Ban Lung – Les Pourquoi Pas

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