03/11 au 12/11/19 – Phnom Penh et Kampot

Replongés plus vite qu’on ne l’aurait souhaité dans une grande ville, avec ses embouteillages et ses innombrables voitures (plutôt de beaux modèles d’ailleurs, comme en Thaïlande), deux roues, et tuk tuk, nous y ferons les habituels repérages, à proximité de l’Ambassade de France. Et c’est sur le parking d’un petit complexe sportif, près de résidences flambant neuves de type « Condo », entourées de friches industrielles sales sans doute promises à un avenir tout aussi bétonné, que nous nous installerons pour la nuit. Juste avant que n’arrive un policier à qui notre présence dans le coin semble poser problème, mais bon, on n’est plus sur a voie publique, ça passe !

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Tout le monde est debout tôt pour aller à l’Ambassade, où l’accueil sera aussi agréable et rapide que les échanges par mail nous l’avaient laissés entrevoir. Moins d’une heure plus tard, la demande de nouveau passeport pour Ntyalé est déposée, et nous n’aurons normalement qu’une ou deux semaines à attendre avant qu’il ne soit prêt. Bon, il va falloir s’occuper en attendant, sans trop s’éloigner…Même s’il y a de quoi faire dans la ville, on préfère s’en éloigner pour l’instant. Direction donc la petite ville de Kampot, à seulement 150 kms plus au Sud.

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A priori davantage prisée depuis quelques années (avec sa voisine Kep) par les expatriés et les touristes, à la défaveur de Sihanoukville enlaidie et polluée par des travaux anarchiques, l’ancienne petite ville coloniale n’en n’est pas moins desservie par une route assez catastrophique (du moins celle que nous prendrons). Après plus de 4 heures de trajet, le fameux Rond-point du Durian de Kampot est enfin en vue.

La circulation n’a bien sûr rien à avoir avec celle de Phnom Penh, et les petites rues aux habitations basses, anciennes et nouvelles sont pleines de charme. Mais la visite urbaine sera pour plus tard, pour l’instant, place à un peu plus de nature ! Les marais salants semblent être prometteurs pour une halte d’une nuit. Ce ne sera pas le paysage pittoresques avec les marais couverts de tas de sels (forcément, non seulement l’activité n’est plus aussi florissante qu’avant, mais en plus ce n’est pas du tout la période de récolte !), mais on y sera très bien quand même, au milieu des (anciens ?) abris à sel, et au sec, pendant qu’un orage éclate, suivie d’une belle averse masquant au loin les montagnes des abords du Parc National de Preah Monivong.

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Etape suivante, un peu de culture…de poivre ! Si un certain nombre d’exploitations liées à cette activité (florissante aux temps coloniaux), proposent des visites, c’est La Plantation, recommandée par d’autres familles voyageuses, que nous choisissons de découvrir. Sauf qu’après une piste dans un état très moyen, traversant de très jolis rizières, champs de maïs, et villages avec les maisons typiques sur pilotis, on se trompe de chemin. Ça aurait pu être pire : superbe resort, avec vue une magnifique vue panoramique sur les jolies plantations de poivre et les collines environnantes, et piscine à débordement. Hors de notre budget bien sûr, mais on se fera quand même un petit plaisir avec un snack qui nous permettra de profiter un peu de la piscine à débordements !

Allez, il ne faut pas trop traîner, cap sur notre vraie destination, où les derniers groupes de touristes s’en vont, ou finissent leur dégustation. Mais ouf, ce n’est pas encore fermé ! En attendant notre guide, on admire la vue depuis le joli bâtiment principal en bois, une ancienne maison traditionnelle khmère restaurée : soleil couchant qui magnifie le ciel, du vert à perte de vue, depuis les touffes de citronnelle parfumant l’air, en passant par celui des lianes à poivre, des bananiers, et jusqu’à la jungle couvrant les collines au loin. On se croirait presque transportés au cœur d’un film sur l’Indochine…

Et on ne sera pas déçus par la visite, suivant notre sympathique guide sur le chemin pavé, entre les bâtiments où vivent les « encadrants » (essentiellement français), faisant presque face à ceux de stockage/tri des grains de poivre, et juste avant le futur centre de loisirs destiné aux enfants de la communauté. Car, en plus de faire revivre cette activité en s’appuyant sur les connaissance des locaux, ce beau projet d’agrotourisme porté par un couple franco-belge s’accompagne d’une forte dimension sociale, fournissant un emploi et un revenu à de nombreuses familles, tout en participant à la réfection de bâtiments scolaires, à des bourses de mérite…On en apprend bien sûr beaucoup sur la culture de ce poivre, réputé comme l’un des meilleurs au monde, et c’est naturellement avec grand plaisir qu’on passe à la dégustation ludique des variétés parfumées et telles qu’on n’aurait jamais imaginées possibles, et qu’on fait quelques achats, ravis de pouvoir à nouveau parfumer nos petits plats maisons !

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Après une nuit sur place, on se presse un peu pour rentrer sur Kampot, quittant un peu trop vite le coin, où on se serait bien posés près du Lac Secret avec le canoë, mais une mission rencontre de peintres attend Loïc à Phnom Penh. Et malheureusement, la Plantation n’est pas assez bien desservie pour qu’on y reste à l’attendre pendant deux jours. Après quelques tours, on choisit un parking sur la promenade bordant la large rivière Prek Kampong Kandal, un peu à l’écart du centre, en bordure de route. Hop, nous voilà garés, et Loïc a juste le temps de sauter sur la moto d’un policier pour aller choper un bus. On prend nos repères dans le centre-ville, très semblable à celui de Battambang, avec ses anciennes demeures coloniales reconvertis en bars, coffee shop, guest houses dans la partie touristique, ou encore son marché animé et coloré. Un petit passage au supermarché nous confirmera, au cas où nous en aurions douté, que la communauté française est bien présente dans cet ancien protectorat : fromage, confiture, beurre, olives,…le tout bien sûr importé, et donc à des prix qui nous empêcheront de nous jeter dessus. Les bateaux joliment illuminés et proposant des croisières au coucher du soleil viendront compléter ce joli tableau de ville assoupie de l’eau.

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Le conducteur d’Arty est de retour de Phnom Penh, on peut donc repartir vers…Phnom Penh, pour ne pas louper le créneau avec les peintres, finalement intéressés, mais peu disponibles. Pas d’excursion donc du côté des hauteurs et la station de Bokor, mais un trajet retour sur un axe routier en meilleur état, ponctué quand même par notre troisième crevaison du voyage !

Deuxième entrée dans la capitale, bien animée car on est en plein week-end prolongé et festif dans le pays, pour cause de Bon Om Tuk (fête des Eaux) !

Garés cette fois sur l’autre rive du fleuve Tonlé Sap, où nous retrouvons Bona, connaissance d’enfance de Loïc, nous serons assez bien placés pour venir assister à pied le dimanche au beau spectacle des courses , longues pirogue colorées en forme de dragon, manœuvrées avec énergie et dextérité par les équipages (jusqu’à 80 par embarcation) aux tenues tout aussi variées et vives, sous le soleil et le regard de la foule bien nombreuse, et sur fond de voix nasillarde des animateurs (ou journalistes) dans les haut-parleurs.

On continuera de déambuler tranquillement après une petite pause déjeuner qui achèvera de nous dégoûter des brochettes cambodgiennes, faites d’abats, de gras, ou de morceaux plein d’os ; puis nous arriverons à l’endroit  où les eaux du Tonlé Sap rencontrent celles du Mékong. L’air de rien, au pied d’une immense tour moderne, assis sur le sable face à un petit village flottant de pêcheur, on a le sentiment, même si on n’est encore loin du delta de ce fleuve mythique, d’être dans un lieu plein de symboles…et en plus, très bien placés pour le superbe défilé aquatique des barges illuminés et pour le beau feu d’artifice, clou du spectacle !

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De retour près de notre bivouac au milieu des friches derrière l’Ambassade, nous y serons en tout cas parfaitement placés pour que Théo, artiste français installé depuis plus de 10 ans au Cambodge, vienne peindre un magnifique dragon sur la carrosserie d’Arty, signant la première œuvre qui viendra s’intégrer à celles déjà présentes. Il sera rejoint par Fonki et Rannon, cambodgiens, dont les contributions seront un peu plus timides.

Après un petit tour en ville et au marché Orussey, bien calme en ce jour de fête, nous prendrons le temps d’aller admirer les œuvres de ces derniers, fraîchement inaugurées lors du vernissage auquel Loïc était venu assister quelques jours plus tôt.

Bon, avec la Fête des Eaux, cumulée aux jours fériés à l’Ambassade de France pour le 11 Novembre, on ne se fait pas trop d’illusion sur le passeport de Ntyalé, qui a peu de chances d’être déjà prêt.

Direction donc THE place to see au Cambodge : Siem Reap, et les temples d’Angkor !

Une réflexion sur “03/11 au 12/11/19 – Phnom Penh et Kampot

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