30/10 au 02/11/19 – Du royaume thaï au royaume khmer

Le bitume sera, comme toujours, impeccable jusqu’au poste frontière de Banpuggard, à quelques 160 kms au Nord-est de notre bivouac d’Ao Tan Kuh. Un petit jour de marge par rapport à la date d’expiration de notre visa, et ce d’autant plus que les passages de frontière entre la Thaïlande et les pays voisins, avec son propre véhicule, semblent un peu se faire au petit bonheur la chance : un coup besoin du carnet, l’autre pas, le lendemain douaniers vindicatifs et bakchich, le surlendemain grands sourires et rien du tout, ou encore demande d’aller chercher un permis de circulation temporaire à Phnom Penh en laissant le véhicule à la frontière…Dans ces conditions, pas d’autre choix que de se fier aux expériences les plus récentes de voyageurs, tout en ayant un plan B, au cas où. C’est donc sur les conseils de Claude et Alain que nous tentons celle-là plutôt que celle de Khlong Yaoi, que nos potes suisses Carole et Mike ont testé à leurs dépends quelques semaines auparavant.

A notre tour donc de nous placer dans la bonne petite queue, après avoir tenté en vain de demander aux officiers thaï de nous accompagner côté cambodgien vérifier si le passage pouvait se faire sans souci. Allez, on se lance, tampons de sortie sur nos passeports, puis sur celui d’Arty, photos avec les douaniers, la grille se referme…bye bye peaceful Thaïland, nous voilà au royaume Khmer!

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Conduite à droite, nouvel alphabet, « Sou sdey » pour dire bonjour, mais avant de se lancer bien sûr, passage par la case visas à l’arrivée, où on sera loin de l’efficacité et de la probité thaïlandais : siège vide à l’unique guichet ouvert, fonctionnaire ventripotent et nonchalant qui nous demande d’attendre. Une bonne demi-heure plus tard, l’occupant du siège arrive enfin, prend nos passeports, et nous demande $35 par visa, soit $5 de plus que le prix normal (qui évidemment n’est affiché sur aucun panneau), rien que ça! Pas de panique, on le lui rappelle, et on attend patiemment, qu’il veuille bien enfin nous délivrer nos visas, après avoir fait passer quelques personnes (et quelques billets dessous de table), avant nous. Le passage au guichet suivant pour les photos et les tampons sera beaucoup plus rapide. Place à la partie qu’on appréhende un peu plus : celle de l’importation du véhicule…Et là, très bonne surprise : pas de demande alambiquée ni d’inspection de l’intérieur du camion, mais un formulaire très proche de celui fourni en Thaïlande. Enfin, il fait nuit, mais on est au Cambodge pour de bon!

Pas question de rester près de la ville frontière, on roule pendant un petite vingtaine de kilomètres, avant de nous poser au milieu de champs, au bord d’une piste, pour une première nuit sous un ciel magnifiquement étoilé.

***

Entourés de jeunes manguiers, on prendra le temps de déjeuner tranquillement, la quiétude ambiante étant juste de temps en temps interrompue par le passage de mobylettes, scooters, et camionnettes; on nous regarde, mais personne ne s’arrête. Comme en Thaïlande, une réserve certaine, et sans doute aussi la barrière de la langue, les gens préfèrent rester à distance…

A la veille du week-end, nous décidons de ne pas nous presser pour aller à Phnom Penh, et de prendre le temps d’un arrêt à Battambang, . Au bout de 100 kms, sur une route abîmée par endroit, très poussiéreuse, et aux abords parfois vraiment sales, nous atteignons la troisième ville et cœur du grenier à riz du pays.

Côté visites, comme souvent, on improvise : pour commencer, ce sera le Phare Ponleu Selpak, dont on comprend qu’il s’agit d’une école de cirque reposant sur un projet social au profit d’enfants défavorisés, proposant des représentations le jeudi…et ça tombe bien, on est jeudi!

Après le répit de la Thaïlande, nous voilà donc à affronter à nouveau des ruelles étroites et des câbles bas, avant d’arriver à destination, et d’être accueillis dans l’enceinte même du centre (sans doute à la faveur de notre carrosserie bariolée, tout à fait adaptée au lieu).

Nous y découvrons bien plus que de simples apprentis acrobates : école de musique, de danse, d’arts graphiques, et même complexe scolaire primaire, le projet social voit grand et permet aux jeunes défavorisés, parfois orphelins de la guerre civile, de s’exprimer et de se reconstruire à travers l’art. Et pour une petite poignée d’entre eux, la possibilité de se professionnaliser et d’en vivre.

C’est en compagnie des nombreux jeunes volontaires venus d’un peu partout dans le monde et travaillant dans la structure, que nous attendrons l’heure du show. Certes pas donné ($14 par adulte), mais deux heures plus tard, nous sortons tous ravis de ce spectacle plein de fraîcheur : danse traditionnelle khmer exécutée par de gracieuses jeunes filles, suivi d’une fresque tout en acrobaties et en équilibre retraçant l’histoire de la jeunesse cambodgienne, marquée par la guerre, le tout au son de la musique interprétée là aussi par des étudiants du centre.

Et on termine bien la journée : pas besoin de bouger pour trouver un bivouac dans la pénombre, Hassan, le sympathique responsable de l’association,originaire du Pakistan, nous ayant autorisés à laisser là pour la nuit!

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Suite de notre découverte de la ville, et de son centre aux anciennes demeures coloniales aux façades décrépies. Un petit tour au marché nous permettra de commencer à nous familiariser avec ce drôle de système monétaire où dollars et rials cohabitent.

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Petit retour en arrière vers le site de Phnom Sampov et ses nombreuses grottes. L’ascencion de la colline, au milieu des singes, nous mènera à des temples et sanctuaires d’où nous pourrons avoir une jolie vue sur la plaine environnante d’un côté, et un aperçu des mystérieuses cavernes envahies de végétation de l’autre.

 

Cap ensuite sur la Flower cave, aux allures mystiques avec ses grands Bouddha, debout et allongé.

Plus le temps ensuite de nous arrêter à la Killing cave, un des nombreux endroits tristement célèbres pour voir abrité des massacres pendant la période des Khmer Rouges : c’est qu’on ne veut pas louper le coucher du soleil et la pirncipale attraction du coin, la sortie des chauve-souris de la Bat cave! Et on ne sera pas déçus : ce sont des centaines de milliers de mammifères qui s’élanceront dans un flux quasi continu, et pendant presque que quarante minutes. On termine sur cette jolie note, avant de reprendre la route.

La « logique » voudrait qu’on aille directement à Siem Reap, découvrir les temples d’Angkor, à seulement 160 kms de là, de l’autre côté du Tonlé Sap. Mais ce sera pour plus tard, car, contraintes administrative obligent, on doit mettre le cap sur la capitale, Phnom Penh!

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