25/05 au 30/05/19 – Karakoram Highway

Lever aux aurores pour le départ, une très longue première journée de route nous attend. Nous embarquons à bord de la petite Nissan d’Hussain, un peu surpris de la catégorie de voiture choisie pour une route qui s’annonce longue et parfois cabossée. Objectif : atteindre Chilas, à plus de 500 kms via Abottabad, Manserah et Besham, itinéraire plus long (près de 120 kms) que celui passant par le col de Babushar, malheureusement pour nous pas encore ouvert.

Les premiers reliefs très verdoyant apparaissent dès Abottabad. Comme prévu, la circulation est bien encombrée, surtout au niveau de Besham. Les sections en travaux avec engins de chantier avec ornières, croisements un peu compliqués à flanc des parois rocheuses abruptes, s’enchaînent. Heureusement, la compagnie et les explications d’Hussain (qui conduit très bien par ailleurs), agrémentent ce trajet long et fatiguant. On en apprend ainsi beaucoup sur la région, l’histoire du pays, marquée bien sûr par la rivalité avec le puissant voisin indien, et expliquant sans doute en grande partie les liens (surtout économiques) forts avec le non moins écrasant voisin chinois. C’est d’ailleurs la Chine qui finance et assure en grande partie la rénovation de cette autoroute, et la construction d’un énorme barrage sur l’Indus. De quoi s’assurer une ouverture plus directe sur les ports pakistanais…

Le paysage change progressivement pour devenir plus rocailleux, avec les premiers pics enneigés au loin.  La route suit le cours de l’Indus, dont les eaux marron et bouillonnantes se mêlent aux torrents turquoise directement issus de la fonte des glaciers. Magnifique. Tout ça sous un beau soleil, qui éclaire les différentes teintes de roches et les ponts suspendus menant à des pistes improbables et à des villages reculés.

Sans oublier les petites cascades et les sources, où les habitants ou routiers de passage se rafraîchissent ou…astiquent leur mobylette voire leur camion ! Et on ne peut passer à côté des glissières de sécurité et poteaux complément écrasés, témoins des éboulements sans doute fréquents. Toute la fragilité des constructions humaines face à une nature indomptable…

On ne sait pas trop comment on arrive (enfin, surtout les enfants) à tenir les 15h de route, avec un minimum d’arrêts. Hussain, qui conduit pour la première fois lui-même des touristes sur cette route, avait « un peu » sous-estimé la durée, et nous arrivons à Chilas après 21h. Petit couac au niveau de l’hôtel qui n’est pas celui initialement prévu, et où nous aurons l’occasion de tester un service hôtelier (mine de rien, le premier depuis le départ !), à la pakistanaise, entièrement assuré par des représentants de la gent masculine. Très moyen, mais au moins, malgré les coupures d’électricité, le groupe électrogène prend le relais et on peut passer une nuit bien méritée au frais !

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Les deux jours seront une succession de véritables claques de beauté, sur une route bien meilleure. On ne se lasse pas de ces paysages de hautes montagnes qui donneraient  presque envie de se lancer dans le trekking et l’alpinisme pour  pouvoir en tutoyer les sommets.

Il est trop tard pour organiser une expédition à Fairy Meadows qui permettrait d’observer le Nanga Parbat (8126 m) d’assez  près, on se contentera donc  du view point depuis la route entre Gilgit et Chilas.

Le mont Rakaposhi (7788 m) nous offrira la vue de son magnifique glacier presque à l’aplomb de la route et de son sommet depuis l’hôtel  du village d’Ali Abad, près de Karimabad, où nous passerons 2 nuits. Le point de rencontre des 3 chaînes de montagnes que sont l’Himalaya, le Karakoram et l’Hindu Kush Range, en bordure de route, fera aussi partie des must see où nous prendrons la pose.

Hussain nous avait prévenu, la vallée de Hunza est  une région particulière au Pakistan, encore plus dans ces contrées montagneuses et aux traditions très patriarcales : quasiment absentes jusqu’à présent de l’espace public (si ce n’est quelques taches colorées dans les champs ou au bord des rivières), les femmes sont ici plus visibles, tiennent des commerces, sont au volant de voitures. Et là où on s’attendait à des traits plus proches du Tibet et du Népal, ce sont des visages plutôt caucasiens que nous voyons.

Nous déciderons finalement de tenter l’aller-retour jusqu’au Kundjerab Pass, poste frontière avec la Chine, le plus haut du monde, à 4600 m. Quelques 150 kms d’une route splendide, avec le lac Atabad, véritable miroir d’eau turquoise (sur lequel des ferrys assuraient la continuité de l’autoroute avant la construction du tunnel), et le Hussaini bridge, pont suspendu sur la Hunza River. Nous ne ferons que traverser Sost, dernière grande ville avant Kundjerab.

Nous ne croisons quasiment aucun véhicule sur 20 derniers kilomètres menant jusqu’au poste frontière. Cette route a des airs de no Man’s Land, mais bien plus beau, les montagnes ont des reflets dorés, et on aurait presque envie de croquer les Cones Mountain, série de pics couleur chocolat noir recouverts de glace. Le tout sur le son des tubes de l’été pakistanais. Mémorable…

Petit à petit, la neige fait son apparition, ainsi que quelques troupeaux de yacks et…des marmottes!  On se couvre pour sortir sous de légers flocons et fouler le bitume de cette route pleine de symboles, jusqu’à la barrière quelques dizaines de mètres avant le grand portique du côté chinois. Un peu de fatigue pour les enfants, mais ouf, tout le monde a bien réagi à la montée et à la haute altitude.

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Clou du spectacle : Abbas, propriétaire de l’hôtel, nous accompagnera avec son propre véhicule (histoire de ménager celui d’Hussain) jusqu’au Hoper Glacier, à 1h30 de route. Assez facile d’accès, nous pourrons même nous aventurer un peu sur cette large rivière de blocs de neige recouverts de pierre, et en prendre plein les yeux.

Ce programme chargé ne nous laissera pas le temps de déambuler dans les rues d’Ali Abad et de profiter de son air printanier, et finalement, nous n’aurons visité que l’Altit Fort.

Déjà le moment du départ, on prend la route du retour qui durera 2 jours, avec des souvenirs plein la tête, pour les petits comme pour les grands.

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Nous ne nous priverons pas de prendre des photos sur la route du retour (souvent les mêmes qu’à l’aller, mais en mieux), où nous croiserons même Julio et Maialen partant à leur tour à la découverte de cette superbe région.

Retour à la réalité des  40°C d’Islamabad, et à notre bon vieux Arty, qui aura passé tout ce temps en plein soleil.  Hussain, infatigable malgré le Ramadan, reprend de suite  la route vers Lahore.

De notre côté, ce sera une (chaude) nuit de repos dans le parc Jasmin. Déjà 20 jours au Pakistan, il est temps de préparer le dernier round de notre séjour au « Pays des Purs ».

2 réflexions sur “25/05 au 30/05/19 – Karakoram Highway

  1. Ping : 21/05 au 24/05/19 – Transition – Les Pourquoi Pas

  2. Ping : 03/08 au 06/08/19 –  Pokhara à Jomson, impossible route et timides sommets – Les Pourquoi Pas

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