20/12 au 25/12/19 – Joyeux bordel à Noël

Plus de trois mois que nous sommes en Asie du Sud-Est, et toujours aucun insecte, si appréciés dans la région ou met à base batracien, de testé! Presque qu’un crime, heureusement réparé sur la route nous menant à Vang Vieng, dans un petit marché sentant bon la grillade. Vers, criquets, sauterelles, croustillants, sans parler au passage de quelques rongeurs, le tout accompagné de sticky rice. On goûte, on découvre, on déguste, y compris les enfants!

Notre recherche (infructueuse) d’un bivouac iOverlander au nord de de l’énorme réservoir de Nam Ngum nous mènera sur la même route que celle des Gali, que nous retrouverons au final pour un nouvelle nuit et une matinée très sympa le lendemain, en retrait de la route principale. Enfin un petit air plus nature pour Elodie qui prend bien ses marques dans cette parenthèse nomade : top confort du lit d’appoint sur la banquette, expertise en cuisson de patates sur la plaque Webasto, et petit rituel câlins avec les enfants le matin.

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Dépassant la ville de Vang Vieng, nous mettons le cap sur le Blue Lagoon 4, dans cette région qui compte nombre de lieux similaires regroupant des activités autour des grottes et des cours d’eau. Petit repérage au pied des pics karstiques, avant de nous garer sur les graviers juste au bord de l’eau. Un petit air de paradis!

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Oh mais, qui voilà? Caroline, Jérôme, Elias, Noélia, Kyllian et Jonas, les six joyeux membres de l’équipage la Smala, arrivent dans leur Capucine orange. A eux de prendre leurs repères pendant que nous allons bien occuper notre journée : à l’intérieur du site de la Tham Nam (Warer Cave), nous commencerons par une super session de tyroliennes successives pour toute la famille, même Ntyalé dans les bras du guide et avec son casque un peu trop grand! Et en plus seuls (on arrive sans doute après la petite foule matinale), et accompagnés de guides très sympas. Top!

Un bon fried rice viendra clôturer cette session, avant un petite balade dans les bouées, les fesses trempant dans l’eau fraîche, à suivre la corde accrochée au plafond bas de la grotte.

On termine par un petit tour au Blue Lagoon en lui-même, étendue d’eau turquoise, surmonté de plateformes de plongeon, mais déjà fermé. `

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Un (dernier?) au revoir à la Smala qui va à son tour profiter des activités du lagon, et on se remet en route, direction Phonsavan et le site archéologique de la Plaine des Jarres. On choisit de passer par une route un peu moins directe, qui nous permettrait de traverser la région du plus au sommet du pays, le mont Phou Bia, culminant à 2820 m. On repasse devant notre bivouac de l’avant-veille, avant de continuer vers le Nord du réservoir. Le bitume fait ensuite place à une piste en bon état, qui se transforme à nouveau en asphalte au niveau des rares villages traversés. Puis, ça se gâte : plus de poussière, quelques ornières, plus étroite, et un peu plus déserte, en dehors de quelques deux-roues. Le paysage reste très joli, avec un lac sur lequel flottent quelques barques, et qui semble être le résultat d’un barrage, un de plus parmi les quarante et quelques que compte ce pays riche en ressources hydriques.

On doute de plus en plus de la fiabilité des cartes et du GPS, jusqu’au moment où on arrive au niveau d’un petit bac, d’ou descendent des passagers venant sans doute de villages bien reculés, qui vont tous, à mobylette ou en petit van, dans la direction d’où nous arrivons…Pas très rassurant…Bien bien, on essaie de se renseigner auprès du conducteur du bac et des autres, et c’est ce qu’on craignait : pas de route au-delà, ou, alors impraticable, d’après ce qu’on comprend…Et m…il va falloir revenir sur nos pas, avec le sentiment d’avoir perdu une journée complète, mais là, pas le choix!

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Après un petit repas pour reprendre des forces, on y retourne. Troisième passage près du bivouac, puis à la périphérie de Vang Vieng, avant une petite virgule au Blue Lagoon pour récupérer des chaussures oubliées par Maëlia, et surtout assister au spectacle inattendu de quelques montgolfières s’élevant en contre-jour dans le ciel sur fond de monts karstiques. On pousse encore sur une bonne centaine de kilomètres, avant de nous arrêter pour la nuit près du marché d’une petite ville, histoire d’être aux premières loges pour les courses du repas du réveillon de Noël le lendemain!

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Aux premières loges dans la brume matinale pour l’ouverture du marché, Elodie et moi assisterons au déballage des premiers marchands de fruits, légumes, herbes aromatiques, riz en vrac, farine de manioc, viande, mais aussi vêtements, chaussures et produits transformés.

Mission accomplie une heure et demie plus tard, notre petit frigo et les placards sont pleins, et nous sommes fin prêts à avancer vers Phonsavan. Deuxième mission du jour : trouver un spot nature sympa pour bien sûr un bon barbecue et célébrer tout ça en famille! Une belle voie montagneuse, reliant la providence de Vientiane que nous quittons à celle de Xieng Khouang nous y conduira, et d’où nous pourrons apprécier le beau panorama du relief escarpé s’étendant loin à l’horizon, les sages bandes vert vif des potagers, ou encore les plantations gigantesques de bananiers et d’ananas recouvrant le flanc des collines.

Des villages aussi, nombreux, au bord de cette route qui devait jadis être un chemin, puis une piste, avant d’être recouverte de bitume. Les charrettes ont fait place aux camionnettes, mobylettes, scooters, aux camions, mais les villages et leurs habitants sont toujours là, perpétuant des traditions auxquelles semblent participer tout le village, comme le ramassage de ballots d’herbe qui serviront à la confection de balais à faible durée de vie, mais 100% naturels. Quelques anciens jouent à la pétanque, loisir hérité du colon français, le verre de lao lao semblant remplacer celui de pastis, entre tir et pointage. Et surtout, une jeunesse qui saute aux yeux, depuis les bébés portés en écharpe, en passant par ceux coincés entre leurs parents à l’arrière des deux-roues, ou les petits marchant à peine jouant au bord de la route.

La montagne où le vert domine évolue vers des collines plus sèches, de cette couleur jolie et photogénique couleur paille de fin d’après-midi ensoleillée que l’on connait si bien maintenant. On commence à ralentir, pour finalement jeter notre dévolu entre deux parcelles d’un champ, dont l’herbe jaunie crisse sous les pneus et les pieds. Avec à deux pas un petit bois, où l’on devrait bien y trouver quelques branches pour notre barbecue! Les couleurs du coucher du soleil sont magnifiques, on prend le temps de quelques photos, avant de nous activer pour préparer le feu, les brochettes, notre courge et nos patates. Quelques villageois passent en camionnette et nous lancent des “Sabaidee”. Topissime, on va être bien là !

Une petite heure plus tard, deux autres villageois s’approchent, à pied cette fois, plutôt détendus, et, pour l’un, équipé…d’un fusil! Surprenant car il ne porte pas d’uniforme…Propriétaire du terrain? Policier? Chef du village? Comme souvent, leur niveau d’anglais et le nôtre en laotien ne nous permet pas d’avoir une réponse précise, mais on arrive quand même à comprendre qu’on dérange ici, qu’on risque de se faire tirer dessus par on ne sait pas trop qui, et qu’il vaut mieux qu’on s’en aille. On a beau essayer de leur expliquer que ce n’est que pour une nuit, etc…mais on comprend vite que ce n’est pas négociable, pas la peine de pousser au risque de les énerver, d’autant que l’un est un peu éméché. Bien dégoûtés, on remballe nos affaires (branches découpées incluses) pour se remettre à la recherche d’un coin tranquille (et pourtant celui-ci paraissait on ne peut plus calme), ce qui ne va pas être évident avec la nuit qui vient de tomber.

On décide de se rapprocher de Phonsavan et du site de la Plaine de Jarres qu’on prévoit de visiter le lendemain. Un peu en retrait sur le bas-côté, on se réinstalle. Reprise des préparations et des cuissons. Aïe, à nouveau des gens qui s’approchent, cette fois clairement des militaires. Toujours pas un mot d’anglais, mais a priori “Bo Pen Yang” (pas de problème), peut-être s’assurent-ils juste que nous ne faisons et rien de mal. Ils observent un moment le feu aux côtés de Loïc, puis certains s’en vont, d’autres arrivent, dont l’un parlant quelques mots d’anglais et nous explique qu’ici aussi on dérange, et qu’il faut qu’on aille dans un hôtel en ville! Le principe du camping ne leur parle pas, on sent que ça va être compliqué de rester…Décidément, la soirée qui s’annonçait si cool vire à la grosse déception, et c’est d’autant plus frustrant qu’on ne sait pas exactement en quoi on pose problème.

En tout cas, cette fois, pas question de partir en plein milieu des préparatifs, il faut tout faire pour sauver un semblant de veille de Noël et de fête pour les enfants. On leur explique qu’on doit manger avant, ça passe, même s’ils tiquent en comprenant après coup qu’il y a encore la viande à faire cuire sur les braises! On partagera quelques morceaux avec eux histoire de faire passer l’attente, tout en essayant de profiter au maximum du repas.

On termine et on commence à remballer ; de leur côté, ça bouge aussi, une voiture arrive avec un bonhomme particulièrement agité, au comportement incompréhensible : fait de grands gestes comme pour nous demander de partir, puis quand on veut démarrer, retire presque la clé des mains de Loïc, nous fixe de ses yeux coléreux rougis par l’alcool (et sans doute d’autres choses), devient un peu trop tactile, le ton commence à monter sérieusement. Et tout ça sous le regard des autres avec lesquels on avait discuté, et qui ne bronchent pas! On s’énerve en vain sur le téléphone qui ne nous donne pas de traduction assez rapide sur Google Translate, et, dans la confusion, on ne sait pas trop comment ils arrivent à récupérer l’appareil photo, semblant vouloir vérifier que nous n’avons rien immortalisé de fâcheux. “L’agité” se calme, et on finit par comprendre qu’en fait, c’est lui le boss (oups mais bon faut pas nous chercher non plus), qui demande à voir l’intérieur du camion. Ça semble les rassurer, sorry sorry, mais ça ne change rien au fait qu’on ne peut pas rester là…Tout ça pour ça! Bon, on apprendra quand même plus tard que des trafics (avec milices,etc..) ont lieu dans cette région si calme en apparence, et forcément il vaut mieux ne pas se retrouver au milieu de tout ça!

Allez, on peut démarrer, la soirée est quand même bien gâchée, les pauvres petits, déjà à moitié endormis, n’ont pas vraiment été épargnés par cette agitation. Ça se terminera sur le parking d’une guest house du centre-ville qui voudra bien de nous pour la nuit, à enfin profiter de notre coupe de champagne et à débriefer de cette soirée surréaliste du réveillon de Noël 2019!

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Allez, ouverture des cadeaux et crêpes pour se remettre de nos émotions, avant d’aller découvrir la Plaine des Jarres, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. Parking bitumé impeccable, petit musée, voiturettes électriques pour le trajet vers les différentes entrées du site, dont l’accès est gratuit.

On n’a pas choisi la meilleure heure, le soleil est à son zénith, rendant encore plus sec le paysage de cette plaine où la ligne nette des petits chemins tranche au milieu des parcelles herbeuses. On est bien loin des images de verdure vues sur les prospectus, mais ce que nous avons sous les yeux est bien plus photogénique.

Presque seuls, nous déambulons tranquillement sur la grande étendue, entre les grandes jarres taillées dans de la roche (vieilles pour certaines de plus de 2500 ans, et ayant pu servir à des rites funéraires), les énormes trous d’obus, et les restes de tranchées. Car cette zone archéologique n’a pas été épargnée par les bombardements massifs lors de la guerre du Vietnam, dans cette région alors hautement stratégique dans ce conflit.

Après un petit tour au musée qui nous explique tout cela en détails, on reprend la route pour continuer notre découverte de cette partie du pays, avant de rejoindre la région de Luang Prabang où nous prévoyons de passer de 2019 à 2020!

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