14/12 au 20/12/19 – De Salavan à Vientiane

La carte touristique indique encore nombre de parcs nationaux, de cascades, et de sites religieux entre la nationale 13 qui remonte vers Vientiane, et la frontière avec le Vietnam. Mais il faut faire des choix, et après avoir quitté la province Salavan, ce n’est qu’à l’est de Takhek, dans la Province de Khammouane que nous nous arrêterons. La route, plate est souvent encadrée de champs dont beaucoup portent la marque carbonisée de brûlis encore fumants, dont l’odeur est bien moins agréable que celle de la caramélisation émanant des usines de transformation de la canne à sucre très présente dans la région. Ce paysage fait bientôt suite à celui des monts karstiques caractéristiques qui abritent de nombreuses caves. Ca tombe bien, c’est ce qu’on cherche!

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La Tham Pha Nya In Cave et sa rivière souterraine sacrée, dont l’accès est “gardé” par deux petites dames assoupies qui collectent les 10000 kip pour l’entrée, sera la première visite de la journée. Un petit temple est aménagé sur un grand renfoncement qui surplombe les eaux calmes illuminées par les rayons du soleil passant à travers un grand orifice dans la roche. On pourra s’en approcher en descendant prudemment les rochers et éboulis, tout en veillant bien à ne pas souiller l’eau de nos pieds.

C’est après une petite marche et un franchissement de rivière entre des rochers acérés, et qui ravira les enfants, que nous atteindrons la Xiang Lap Cave. Sous une belle voûte, la rétention d’eau se transforme en petit cours d’eau. Un terrain de jeu parfait, avec son sable et recoins mystérieux d’où l’on s’attendrait presque à voir surgir une nuée de chauve-souris. Et, comme toujours, absolument seuls! Un régal au Laos, encore préservé du tourisme de masse dans beaucoup d’endroits, faisant de chaque visite un moment encore plus particulier.

Nous amorçons ensuite la route vers LA grotte à voir dans le centre du pays : la Konglor Cave, où l’on devrait croiser les Gali et la Smala!

Finie la plaine, place à du dénivelé et quelques lacets harmonieux, sur une route quasiment déserte traversant des forêts immergées au gré des rétentions créées par les barrages sur la rivière Xe Bang Fai, et dont les contours flous se dessinent dans la lumière du crépuscule. Une deuxième nuit en bordure de route, l’avantage avec les habitants qui se lèvent et se couchent avec le soleil, c’est que les grands axes, même principaux sont plutôt calmes la nuit!

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On se réveille dans une brume matinale qu’il ne se dissipera qu’en milieu de matinée pour laisser la place à une belle journée, sèche et ensoleillée. La route, toujours aussi calme (même les villages se font rares) et sinueuse, nous offrira quelques jolis points de vue sur la forêt et la vallée de Natane (malheureusement souvent gouachées par les câbles et pylônes électriques).

Enfin, nous atteignons les abords du village de Natane, et plus particulièrement un petit pont, seul point de passage sur un bras de rivière. Les récits de voyageurs datant de l’année précédente mentionnent une barre de hauteur obligeant à un détour par un terrain privé, pendant que d’autres plus récents, indiquent qu’il n’y a plus rien qui s’oppose au passage. Eh bien, les choses changent vite, puisque des ouvriers sont justement en train d’en souder une à 3 m de hauteur!

Trop basse pour nous évidemment, et ce qui semble être les piliers d’un futur pont 50 mètres plus loin ne semble pas avoir vu d’engins de chantier depuis un moment. De longues minutes de négociations avec le superviseur qui, heureusement, parle un peu anglais, seront nécessaires. Mais notre argument béton fait mouche : les campings-cars des copains sont de l’autre côté et risquent de se retrouver bloqués en revenant. Pfiou, il accepte de surseoir à la fixation de la barre jusqu’en fin d’après-midi, ce qui devrait nous laisser juste le temps de faire une petite excursion sur la fameuse rivière souterraine.

On hallucine un peu de voir que l’un des sites mentionnés par tous les guides soit relativement peu accessibles. Ceci dit, mettre un telle barrière limite la taille des véhicules (tels que le nôtre) et aide à la préservation des lieux. Ainsi, la plupart des touristes viennent en scooter, et dorment dans les chambres d’hôtes, faisant ainsi tourner le commerce local. Il faut l’admettre, c’est bien notre format de véhicule et de voyage qui est plutôt atypique!

On ne traîne pas pour traverser les villages, tout en faisant attention bien sûr à ne pas emporter les câbles qui rasent la cellule, et à ne pas écraser les volailles sur le bord de la piste, sous les yeux des habitants qui doivent se demander comment on a fait pour passer le pont!

Les camping-cars des Gali et de la Smala sont bien là, mais vides leurs occupants, qui nous ont précédés de quelques heures. Vite, on prend nos billets pour une balade aller-retour dans les entrailles de la montagne séparant les villages de Natane et de Konglor. Quelques centaines de mètres après le guichet, on a à peine le temps de s’attarder sur les panneaux expliquant l’histoire du site et de cette grotte longtemps ignorée des habitants de chacun des deux villages que hop, comme notre barque est déjà prête.

Équipés de nos gilets et frontales, nous descendons vers l’entrée de la rivière où l’air fraîchit immédiatement. En route pour l’exploration de la plus longue cave souterraine du pays, pas moins de 7 kms, et sous une voûte karstique allant jusqu’à 100 mètres de hauteur. Une première halte nous permet d’admirer les formations calcaires, superbes stalactites et stalagmites qui feront un bon support pour un petit cour de géologie. Le tout joliment par des éclairages mis en valeur au milieu des énormes éboulis.

Nous retrouvons notre embarcation de l’autre côté, et poursuivons notre route aquatique dans les ténèbres, saluant au passage les copains qui reviennent déjà de leur balade. Bande d’eau souvent large, parfois étroite, virages adroitement négociés par le conducteur, blocs rocheux monstrueux comme en équilibre précaire, tout ça pendant près d’une heure : magique! En pleine saison sèche, aucun problème de débit trop forts, mais, par endroits pas assez d’eau, ce qui nous oblige à descendre pour passer les petits rapides!

Un peu éblouis par la lumière vive qui offre un contraste saisissant avec l’obscurité que nous quittons, nous le serons tout autant par le spectacle des pics rocheux recouverts de végétation qui se dessinent dans l’immense ouverture de la cavité. La barque nous dépose sur les berges du village de Konglor, où nous attendent quelques paillotes de restauration . Mais le temps nous est compté, pas possible d’aller plus loin flâner dans les rues du village, nous prendrons juste le temps d’avaler notre plâtrée de pâtes maison, avant d’aller choisir un petit souvenir d’artisanat parmi les centaines d’écharpes aux couleurs chatoyantes, suspendues dans le petit atelier de confection tenu par un petit groupe de femmes.

Hop, il est temps de prendre le chemin du retour, notre conducteur n’est sans doute pas mécontent de ne pas avoir eu à trop nous attendre! Cette fois, nous sommes dans le sens du courant et on apprécie la balade retour autant que l’aller.

C’est avec un petit regret de ne pas pouvoir rester plus longtemps profiter de excursions à pied ou à vélo, que nous quittons ce site magnifique, quelques heures après les copains qui ont déjà repris la route pour filer jusqu’à Vientiane.

On ne traîne pas non plus sur le chemin du retour, prenant des photos en chemin des rizières couleur paille avec le relief des collines à l’horizon. Images dont on ne se lasse pas dans les lumières douces de fin d’après-midi. Nous arrivons pile à l’heure, notre superviseur travaux est bien là pour soulever la barre.

Libres de poursuivre notre route vers la capitale, où un colis spécial nous attend à l’aéroport!

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Plein d’eau et de quelques victuailles : check.

Nous voilà pour la deuxième fois à Vientiane, mais cette fois, avec notre maison roulante, ce qui nous permet de tester la circulation, assez agréable pour une grande ville, et bien loin des bouchons qu’on a pu avoir à Phnom Penh. C’est donc sans pression et à l’heure qu’on arrive à l’aéroport pour réceptionner…un nouveau passager‼ Grosse surprise (pas facile à garder depuis deux mois) pour les enfants qui ne s’attendaient pas à voir débarquer leur Tata Elodie en direct de la Nouvelle-Calédonie (enfin, pas tout à fait, 30 heures de voyage et 2 vols quand même)! Beau moment de retrouvailles sur la route du voyage, et de belles fêtes en perspective! En tout cas, on va tout faire pour!

A six maintenant, nous retrouvons les Gali et la Smala garés au pied de l’immense tour d’un hôtel, spot assez calme finalement et surtout central, parfait pour les différentes démarches administratives que nous avons tous à faire. Pour nous, ça commencera par la récupération de nos passeports tout neufs à l’Ambassade de France, avec lesquels on espère enfin décrocher nos sésames pour traverser la Chine! Mais, n’étant pas résidents, ce n’est pas à Vientiane que nous pourrons faire notre demande (ce serait trop facile!). Étape reportée donc à plus tard, et qui nous obligera à retourner en Thaïlande. Mais ça, ce sera pour janvier 2020!

Entre ça, et les aller-retour aux bureaux de l’Immigration pour la prolongation de nos visas laotiens, on n’oublie pas la parenthèse culturelle, avec le Pha That Luang, ancienne stupa entièrement recouverte d’or et dont la rénovation s’est achevée en 2016. On fera aussi un tour au COPE, musée très intéressant sur les bombardements subis pendant la guerre du Vietnam voisin, et le largage de millions d’engins explosifs et anti-personnel ayant causé des dégâts importants, et bien sûr malheureusement nombre de morts et d’estropiés.

Et, contre toute attente, après des mois de recherche infructueuse sur Instagram, deux œuvres d’artistes laotiens, un Bart Simpson tatoué (par KJ), et un “Sabaidee” (bonjour) au couleurs nationales (par Alex) viendront rejoindre les autres sur Arty! Un petit exploit dans un pays où l’expression artistique libre ne semble pas être très encouragée…

On quitte donc cette capitale agréable, tout en verdure, avec ses rues bordées de temples, d’anciennes demeures coloniales, de restaurants et bars branchés, de boulangeries, de bâtiments officiels et autres ministères au libellé écrit en français pour une halte d’une nuit 20 km plus loin, près du Lao-Thaï Friendship bridge, l’un des principaux postes frontières avec la Thaïlande.

Eh oui, ultime étape avant de profiter pleinement d’Elodie et du pays : la prolongation du TIP (Temporary Importation Permit) pour le camion, qu’on fera en même temps que les Gali. Petite escapade ensuite tous ensemble au Buddha Park, dont la taille très raisonnable sera parfaite pour une petite détente et des jeux de cache-cache pour les enfants, entre les statues en béton un peu passé qui lui donne un air un peu plus vestiges artificiels.

Allez, c’est parti pour la découverte de la partie plus au Nord du pays, chacun à son rythme, mais avec la promesse de se revoir très bientôt!

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