29/08 au 03/09/19 –  Halte à Mandalay et magique lac d’Inle

Kyaw veillera bien à ce que nous ne quittions pas Bagan sans en avoir vu 3 des temples les plus emblématiques : le Dhammayangyi devant lequel Arty prendra la pose ; celui de Thatbyinnyu, le plus haut du site à 65 m et ses murs à la peinture blanche dépassée. Et enfin l’Ananda, magnifique avec ses façades immaculées et son stupa doré.

Une nouvelle grosse étape nous attend, avec plus de 300 kms jusqu’à Mandalay. Cette fois, Kyaw monte avec nous, laissant Irina, Greta et leur Hyundai climatisée un peu plus libres d’avancer sur la route sans avoir à nous attendre (attente qui avait créé quelques crispations la veille). La route est excellente, et nous roulons à un bon rythme à travers la plaine sablonneuse, où les rizières ont fait place à des plantations d’arachides et de palmiers.

Malgré une conduite quasiment non-stop, et du grignotage en guide de pause-déjeuner, nous arriverons cette fois trop tard au pont d’U Bein en teck situé sur le lacTaugthaman, à la grande déception de Kyaw qui avait prévu de nous le faire admirer, avant le coucher du soleil. Nous devrons donc nous contenter de celles, moins impressionnantes, du crépuscule.

Notre hôtel pour la nuit sera cette fois encore en pleine ville, où, comme Kyaw nous avait prévenus, on ne pourra passer à côté des nombreuses enseignes et complexes hôteliers traduites en mandarin. C’est là aussi que nous verrons pour la première fois des musulmans, ce qui, même si nous n’avons pas tous les tenants et les aboutissants, remettra un peu en perspective la vision que nous pouvions avoir des conflits qui agitent l’ouest du pays et la situation complexe avec les Rohingyas.

Légendes en mandarin également à hôtel, où nous ferons une petite pause avant d’aller en quête d’un petit restaurant bon marché. L’air frais de l’intérieur contraste évidemment avec la chaleur et la moiteur des rues déjà bien vides et calmes. Nous trouverons quand même une artère encore animée, où les vendeurs de street food côtoient des étals pleins de chaussures, vêtements, accessoires, quincaillerie et autres gadgets, tous Made in China.

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Après l’indispensable petit déjeuner et une dent (de plus) en moins pour Maëlia qui affiche maintenant une belle autoroute, nous ferons à nouveau un tour pont d’U Bein, du « côté touriste » cette fois, beaucoup moins charmant que la veille à la lumière du jour et sous la grisaille.

Allez, pas la peine de s’attarder au temple où les touristes se bousculent pour observer les moines, nous voilà repartis! La route est belle, et les rizières du début font place aux montagnes basses et aux collines. Comme depuis le début de la traversée, on voit défiler trop vite et avec envie les villages et petites villes paisibles, leurs habitants souriants, les jeunes à vélo rentrant de l’école ou du collège dans l’uniforme national, vert et blanc…

Puis c’est la descente vers la vallée qui entoure le lac d’Inle. Eh oui, celui dont nous avons vus et revus des images de pêcheurs à la nasse dans des reportages, et dont les photos illustrent aussi le manuel de géographie d’Edrian : nous y sommes ! Encore une fois, trop juste pour le coucher du soleil qui a dû être magnifique et qu’Irina que nous retrouvons à l’hôtel, a eu le temps de voir. Mais pas de regrets cette fois, puisque nous sommes là pour deux nuits et une journée complète !

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Petite frayeur le lendemain : la pluie qui a commencé à tomber la veille continue de bien tremper la chaussée jusqu’après le petit-déjeuner…Nous patientons dans hall où trônent de beaux meubles en teck, qui pousse à foison dans la région.

Ouf, ça s’arrête et le ciel se dégage petit à petit. Nous pouvons rejoindre le pier à 500m, et embarquer pour notre petite croisière, y compris Greta ! Nous voilà lancés à la découverte d’une partie de l’un des villages lacustres les plus connus au monde, sous un ciel encore couvert ; dommage pour les photos, mais ce n’est pas plus mal, car les rayons du soleil qui traversent parfois tapent fort !

Etendue d’eau immense sur laquelle on se sent minuscules, barques glissant à la surface, collines environnantes autour : magnifique. Un pêcheur à la nasse, coiffé d’un grand chapeau, nous fait une démonstration tout en adresse et en grâce, une image qu’on rêve de voir. On se croit l’espace d’un instant extrêmement chanceux, avant de comprendre qu’il s’agit justement d’un petit show juste pour touristes Ce mode de pêche traditionnel tend à disparaître, au profit des bateaux à moteur et des filets en plastique.

Puis, ce sont les premiers bancs de plantes aquatiques qui apparaissent, et à travers lesquels notre « boat driver » se faufile habilement. Kyaw nous explique que les algues ramassées et chargées à bord d’autres barques servent d’engrais pour les fameux potagers flottants fixés par des longs piquets de bois, et que nous commençons à longer.  Si ce sont principalement des plants de tomates qui y sont cultivés d’une façon unique au monde, nous remarquons aussi quelques aubergines et fleurs de courges.

Les premières maisons en bois sur pilotis arrivent presque naturellement, avec leurs habitants, les Intha, si fiers de leurs traditions, vaquant à leurs occupations. Nous aimerions mieux avoir un moyen de transport plus discret pour que le charme soit encore plus opérant, mais la visite prendrait plus d’un jour, et de toute façon, toutes les embarcations semblent avoir un moteur ici !

Le premier arrêt de notre circuit touristique se fera dans une petite fabrique artisanale et familiale de bijoux en argent. Greta, surgissant  et aboyant de dessous les jambes d’Irina, manquera comme à chaque fois, d’en faire tomber certains, surpris, dans l’eau !

On prend le temps d’admirer le travail d’orfèvre et les vitrines, avant de reprendre notre route lacustre, sous un ciel qui se dégage de plus en plus. A l’arrêt suivant, nous aurons quelques échanges avec deux « femmes au long cou » de l’ethnie minoritaire, les Padaung (plus présente en Thaïlande), qui intrigueront forcément beaucoup les enfants. Venues des montagnes, elles descendent régulièrement à Inle où leur activité de tissage manuel d’écharpes et de châles tout en finesse et en couleurs, leur assure un revenu complémentaire.

Juste à côté, ce sera un workshop de fabrication de papier mâché, servant à fabriquer des ombrelles  et des lampions, utilisés surtout dans les cérémonies et certaines festivités et non plus au quotidien.

Après une petite pause sur la pagode Aladow Pauk, nous passerons un long moment dans un atelier de tissage manuel de lotus, de coton et de soie sur des métiers à tisser traditionnels, et même de l’extraction en direct de fibre de lotus depuis la tige!Un concentré d’un savoir-faire certes en perdition, mais qui justement se maintient peut-être aussi de par l’attraction touristique qu’il exerce. On terminera par un atelier de fabrique de Cheroot, cigares artisanaux parfumés au tamarin et aux épices.

Une riche et belle balade qui s’achève sous un ciel parfait entre soleil et nuages. Et pourtant, nous n’avons vu qu’une infime partie du lac qui s’étend sur 22 kms de long et 8 kms de large ; tout un écosystème, fragile, et des traditions presque millénaires à préserver, tout en laissant la place au tourisme pourvoyeur de revenus…

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Nous quittons le lendemain Inle sous une pluie qui semble vouloir durer cette fois (encore chanceux !), pour entamer nos deux dernières étapes, avec au passage un arrêt dans le seul vignoble du Mynamar, à Athaya, et sur le site sur le site d’une pagode en construction. Là, vilaine découverte : une fissure sur le châssis, au niveau de la fixation de la barre stabilisatrice arrière. Pas bon du tout ça…Loïc décide de démonter la barre (pas loin de 25 kgs quand même) dont on peut temporairement se passer, à condition de rouler encore plus lentement, particulièrement dans les virages, encore nombreux sur la partie montagneuse de notre trajet.

L’arrivée à la guest house de Namsamg, où nous retrouvons Irina, sera donc forcément tardive, et la nuit courte !

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Lever aux aurores pour Loïc qui se rendra avec Kyaw chez un soudeur rencontré la veille, pour tenter une réparation temporaire de la fissure, en attendant mieux en Thaïlande où nous aurons davantage de temps. Pour les enfants et moi, ce sera une très longue route (à nouveau plus de 300 kms, en majorité à travers les montagnes) jusqu’à Kyaing Teng (Taugginyi)…dans la Hyundai en compagnie de Greta et d’Irina qui nous a gentiment proposé ce lift qui nous évite une interminable journée en camion ! Mission accomplie, au bout de 11 heures de route pour nous et 13 heures pour le reste du convoi.

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Ca y est, nous vivons déjà nos dernières heures au Myanmar, avec forcément un gôut de pas assez. Sur le trajet de 150 kms qui nous emmène vers la ville frontière de Tachilek, nous imaginons un scénario qui nous permettrait de dédouaner le véhicule et le laisser garer à la frontière afin de faire une petite boucle vers Rangoon et le sud du pays. Kyaw essaiera de se renseigner auprès des douaniers, mais il est trop tard, pour s’organiser…

La journée se passera à un rythme beaucoup plus cool que la veille, mais sans que nous ne revoyions Irina, qui a pris le large, de ce côté de la frontière, mais devra quand même attendre Kyaw pour pouvoir avoir son tampon de sortie. Nous serons donc seuls pour la photo-finish devant Arty, sur le petit pont où défile un flux continue de piétons, dans les deux sens. La densité de magasins plus modernes et à la devanture impeccable augmente, les tenues vestimentaires s’occidentalisent : Sawat dii khaa Thaïlande !

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