25/07 au 29/07/19 –  Rives du Gange et route vers le Népal

Très central, très passant, très bruyant, mais étonnamment, on se fondra presque dans le décor et on ne sera absolument pas dérangés. Comme si les gens étaient focalisés sur autre chose…Il est vrai que les rues sont remplies de pèlerins vêtus d’orange (couleur sainte de cette période de l’année), de familles venues accompagner leur défunt(e), de holly men, de tuk tuk amenant tout ce monde des rues principales vers les ghats qui jalonnent les rives du Gange.

Une certaine tranquillité donc, qui nous permettra de rattraper un peu d’école et de prendre notre temps, avant de nous diriger vers le Manikarnika Ghat. Grand luxe, on est à seulement 500 m des rives du fleuve, c’est donc à pied que nous parcourons les ruelles étroites et encombrées, où les temples et échoppes vendant fleurs,  et autres articles servant d’offrandes dans les temples, sont en nombre, presqu’autant que les éternelles vaches sacrées et leurs innombrables bouses. L’atmosphère est bien différente, en mieux, de celle qui a marquée Loïc 15 ans plus tôt : plus respirable (les poubelles sont ramassées), et plus digne (plus de cadavres dans les rues, de corps estropiés rampant à terre, de marques de pauvreté extrême). Les constructions  aussi évoluent,  avec de nombreux chantiers de démolition de ce qui semble être d’anciens temples.

Apparaissent ensuite  les énormes tas de bois utilisés pour les crémations, puis le promontoire d’où nous pourrons observer la perpétuation de ces rituels millénaires qui varient en fonction des castes (même si ce système est officiellement aboli) : ultime bain des corps drapés de tissus aux couleurs vives, qui sont retirés pour ne laisser qu’un simple linceul blanc, avant une danse des hommes autour du bûcher, et l’ignition à partir d’une bûche issue du foyer sacré qui brûle depuis 3500 ans. Tous ces gestes et les incessants va-et-vient aident à « dédramatiser » la mort auprès des enfants (pas la peine qu’ils en fassent des cauchemars !).

Nous rejoignons ensuite le bord de l’eau,  et longeons les quais pour rejoindre le Dadhashwamedh Ghat où la grandiose et lumineuse cérémonie quotidienne d’offrande à la déesse du fleuve (Ganga aarti) a déjà commencé. Les marches sont bondées, et les barques pleines de spectateurs sont collées les unes aux autres, tout ce monde ayant les yeux rivés sur les danseurs maniant les flemmes avec dextérité. Enfin, pas tout à fait tout le monde : les groupes de pèlerins qui se baignent dans le fleuve sacré sont un peu plus dissipés…

La foule se disperse et les embarcations se vident à la fin du spectacle. On continue notre chemin le long des quais, où les nombreuses fresques murales se succèdent, en compagnie de deux indiens très sympas, jusqu’aux marches du Narad Ghat et contempler le plus grand fleuve d’Inde, les croyants qui s’y baignent  et les Holly Men en orange fumant, ou lisant à la lumière des lampadaires. Tout un monde ! *

Ça se terminera par une dégustation des galettes locales avant de rentrer à notre maison roulante, dans le cœur de cette ville qui semble ne jamais dormir ( mais nous, si) !

***

Prise de recul le lendemain avec une balade matinale en barque au départ de l’Assi Ghat. De quoi mieux voir les marches et les façades hétérogènes, entre « bon état » et « presque croulantes ». Nous remonterons jusqu’en amont du Manikarnika Ghat, noir de suie, avant d’atteindre le Scindia Ghat et son temple de de Shiva partiellement submergé, puis de prendre le chemin du retour.

On a été épargné par le soleil qui disparaît sous une épaisse couche de nuages. Pas l’idéal pour les photos, mais du répit pour tout le monde : les petits boutons de chaleur, avec l’aide du talc, commencent à se faire plus rares.

Ensuite, mission en récupération de notre lessive à la laundry et…birthday cake ! Jour spécial pour Maëlia, et pas question qu’on soit une nouvelle fois privés d’un vrai gâteau  alors qu’on est en pleine ville. C’est donc avec un bon poulet tandoori et un très bon, beau et gros gâteau au chocolat qu’elle soufflera sa 6ème bougie !

Nous n’avons plus qu’à attendre 21h pour quitter la ville. Tâche un peu plus compliquée qu’à l’arrivée : entre les passages sous les voies ferrées au centimètre près et les mauvaises indications de policiers semblant au bout de leur vie, Loïc (seul à l’avant) aura quelques sueurs froides !

***

Dernière visite à connotation religieuse, mais bouddhiste cette fois : Sarnath. Loïc ira visiter seul au petit matin ce site de pèlerinage où Bouddha a prononcé son premier prêche.

Cap ensuite sur Sonauli où se trouve l’un des nombreux postes-frontière avec le Népal. Une petite vérification de l’état des routes et des « alertes mousson » nous rassure un peu : les grosses averses et inondations de mi-juillet  on fait place à une accalmie dont on espère qu’elle va durer !

Après 100 kms sur des routes allant du bon au moyen, et surtout pleines de pèlerins en orange revenant de Varanasi avec leurs petits pots remplis d’eau sacrée, c’est dans une petite station-service de campagne près d’Azamghar que nous ferons étape pour deux nuits, le temps de réorganiser le camion : moto à l’abri dans la soute et on innove en y calant roue de secours, histoire d’alléger un peu la cabine. Evidemment notre présence fera le tour du village, et nous serons invités à prendre le thé dans la maison d’une famille s’occupant des champs, puis dans celle des propriétaires des champs (hum hum).

***

Ça y est, après la bonne surprise des derniers kilomètres sur une excellente deux fois deux voies, frontière de Sonauli en vue ! Clap de fin sur « India part 1 » : on retient le monde, le bruit, les couleurs, la folie des selfies, la conduite rarement reposante, les klaxons ininterrompus, les dégâts sur le camion, le massala et le piment à toutes les sauces, le quasi absence de pluies, là où on s‘attendait à devoir jongler davantage avec la mousson,  et des rencontres sympas. Au final, plutôt une bonne surprise pour nous, sans doute parce qu’on s’attendait à pire !

Le soleil se couche, on se prépare à aller prendre des infos pour passer le lendemain. Ah, la frontière est ouverte jusqu’à 22h ? Pourquoi pas un passage de nuit ? Allez, tampons de sortie indiens, passage au bureau de change, puis au poste de la douane, tellement semblable aux autres échoppes qu’on manque de le louper. C’est parti pour une pause népalaise !

Une réflexion sur “25/07 au 29/07/19 –  Rives du Gange et route vers le Népal

  1. Ping : 20/07 au 24/07/19 –  D’Agra à Varanasi – Les Pourquoi Pas

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