04/05 au 10/05/19 – Surprenant Baloutchistan

Le mercure du thermomètre grimpe au fur et à mesure qu’on avance sur la route 91, après Minab, dans un paysage plutôt désertique, jalonné de formations rocheuses rappelant celles de l’île de Queshm. Un peu plus de verdure ensuite sur une petite portion, avec des plantations de bananiers (il y a donc bien des bananes made in Iran !), avant de retomber sur plus d’aridité, avec des villages qui semblent plus distants les uns des autres.

Rien dans les guides sur cette région méconnue et même déconseillée, on se fie donc à nos contacts locaux pour les sites à visiter. A la recherche d’un bivouac Ioverlander près de la mer, nous atterrirons finalement sur une piste désertique 100 kms avant Jask, après la nuit tombée. Ça faisait longtemps, (depuis les Kaluts) qu’on ne s’était pas trouvé aussi isolés, même si on est à seulement 2 km du village le plus proche.

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Vision matinale d’un dromadaire traversant tranquillement la « piste » devant le camion, excursion de Loïc entre les pics rocheux pour observer vers la plage et un volcan de boue éteint (pas terribles finalement), puis retour sur le bitume.

300 kms plus loin, nous atteindrons Darak Beach en fin de journée, juste à temps pour une dernière baignade au pied des dunes de sable fin, dans les vagues à 30°C (pas vraiment rafraîchissant) avant le coucher du soleil. Les touristes étrangers ne sont pas courants par ici, on attire donc forcément les regards des quelques locaux, aussi détendus qu’ailleurs dans le pays.

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Avant de reprendre la route, on s’autorise une balade le long de la plage encombrée de déchets divers, plus aucune zone ne semble épargnée, le déchet plastique est roi. C’est un peu moins le cas pour les dunes dans lesquelles nous ferons une petite incursion (ouch, ça brûle !), avant de reprendre la route au large de Jask, Kereti, pour enfin arriver sur le site du Tang Mud Volcano.

Une guérite et des bungalows déserts, mais pas de barrière, on peut donc s’approcher sur les flancs de la petite colline. Depuis le sommet où subsiste une flaque de glaise molle et refroidie, trace de l’ancienne éruption (qui date de janvier apparemment), la vue sur la plaine environnante envahie de boue grise durcie et craquelée est impressionnante. Petite frayeur pour Maëlia (et moi) qui s’approchera un peu trop près et s’en tirera avec la jambe couverte d’un beau masque d’argile!

On laissera tomber la recherche de la mosquée de Tang pour continuer jusqu’à Konarak et son port de pêche rempli de bateaux traditionnels, qui sera notre halte pour la nuit.

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Mer d’huile et soleil trèèès généreux qui nous accompagnera jusqu’à Chabahar, « Free Zone » dans laquelle on ne s’attardera pas, pour avoir le temps d’atteindre Beris la belle route qui s’étire entre la mer, les dunes de sable ocre et les fameuses Martian Mountains, paysage magnifique absolument lunaire avec ses roches recouvertes de rocailles burnes qui font penser à des tiramitsu.

Oups, on avait oublié que c’est le Ramadan depuis 2 jours, donc pas de possibilité de se restaurer. Tant pis, on improvise une énième salade de pâtes/riz/thon (c’est le régime en ce moment), avant la séance photos sur le fameux rocher avec vue sur la mer et le petit port de pêche en contrebas. Mine de rien, nous sommes à l’extrême sud-est du pays, à seulement 60 kilomètres du Pakistan, mais pas de poste frontière ici évidemment.

On revient sur nos roues, le paysage est encore plus beau sur le chemin du retour avec les lumières du soleil sur le déclin.

C’est dans la nuit que nous arriverons à Nik Shahr, où nous attend Ghafour, contact d’Hamid qui doit nous aider à passer la frontière à Zahedan. Nous aurons une nouvelle fois la chance d’expérimenter l’hospitalité iranienne qui ne fait défaut à aucune région, et même en période de Ramadan où le rythme est différent : dîner avec des spécialités locales, une grande chambre climatisée rien que pour nous (vu la chaleur, on apprécie cette nuit hors du camion), petit déjeuner royal. On en apprendra plus sur les coutumes du Baloutchistan, on admire les tenues colorées des femmes…et me voilà quelques heures plus tard avec ma tenue baloutche sur-mesure!

On aurait bien attendu que le soleil baisse un peu, mais il y a encore de la route jusqu’à Iran Shahr qu’on espère atteindre avant la nuit. C’est donc sous un bon 40-45°C qu’on les quitte, pour sillonner une route toujours excellente entre les montagnes à un petit village après Iran Shahr, et où on pourra se garer près ce qu’on pense être une mosquée.

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Pas de mosquée en fait, mais une école/collège, fréquentée en ce samedi matin par des collégiennes, très sympas, qui nous invitent à l’intérieur. Nous voilà en première ligne sur les photos de classe, petit vidéo interview avec smartphone (Loïc sera même autorisé à pénétrer dans les lieux) et photos du dessus avec le drone. On ressort notre petite imprimante pour leur laisser un souvenir un peu moins immatériel de notre passage.

4 heures de route supplémentaires, et nous atteignons enfin Zahedan, où nous attend Hamid, l’incontournable guide recommandé par Ioverlander. Le gouvernement local est soucieux de donner une bonne image de cette province, frontalière du Pakistan et de l’Afghanistan, qui pâtit de son éloignement des autres grandes villes (ce qu’on bien ressenti à travers le dénuement et la saleté, plus présents dans certains endroits). Et on comprend qu’Hamid est un maillon important de la chaîne, en s’occupant  entre autres d’accueillir et d’aider les touristes quittant l’Iran ou venant du Pakistan. On se prête au jeu des photos et de la petite interview en compagnie du boss d’Hamid, ministre du tourisme local, et de Remy, motard suédois arrivant du Pakistan, avant d’être invités à dîner au restaurant de l’hôtel !

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Pas de paperasse particulière à préparer pour passer la frontière, notre dernière journée complète en Iran sera assez reposante, entre le dernier plein de 400 L à 0 rials (eh oui, only in Baloutchistan, opération séduction des touristes !), le plein d’eau, et la dépense de nos derniers rials pour remplir le garde-manger. Prêts à affronter la longue traversée sous escorte côté pakistanais, entre Taftan et Quetta.

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On passera une dernière soirée assez exceptionnelle, en compagnie de la bande à Ali, déjà rencontrés la veille, à essayer de jouer de la trompette, à enchaîner les parties de jenga, les fous rires, et à leur raconter notre histoire « between Gabon and Paris » ! Hospitalité encore et  toujours, un séjour de 3 mois qui se termine en beauté, what else ?

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